Compte rendu UT4M part 2 : Oisans (50km / 3500D+)

Après avoir couru la première étape de l’UT4M avec le massif du Vercors (première partie du récit par ici), le lendemain matin le réveil sonne à 4h55 : en route vers l’étape Oisans !

On ne va pas se mentir, avec Xavier on ne fait franchement pas les fiers, face à notre petit déjeuner. Les jambes tirent pour tous les deux, on n’a pas hyper bien dormi, bref, un lendemain de course classique… sauf que là il faut repartir! Le départ doit se faire à 7h, et pour s’économiser une heure de sommeil on a décidé de s’offrir le taxi jusqu’à Vif, où on arrive vers 6h20 pour retrouver les coureurs de cette étape, mais aussi tous les participants au challenge qui vont devoir recommencer ce manège encore deux matins de suite!

On ne se le dit pas de façon formelle, mais avec Xavier on sait qu’on va essayer de rester ensemble le plus longtemps possible pour se soutenir. On n’est pas hyper sereins concernant notre capacité à courir aujourd’hui, mais je le prends avec simplicité: la barrière horaire est large, s’il le faut on marchera tout le long et ce sera une belle grosse randonnée!

L’organisation décide de séparer les coureurs de l’étape et ceux du challenge pour faire un départ différé, car il y a un escalier qui crée un goulot d’étranglement seulement 600 mètres après le départ. On sait ce que ça veut dire: les coureurs avec nous n’ont pas couru hier et sont hyper frais, tout le monde va foncer pour bien se positionner avant le passage de l’escalier… bref ça va être la guerre!

A 7h les coureurs du challenge s’élancent, et après 30 longues minutes d’attente, c’est notre tour. En tant normal, je serais partie comme une flèche pour être sûre d’éviter le bouchon au bas de l’escalier, mais là, je me contente de courir et c’est déjà pas mal, car ça grimpe déjà. Les sensations ne sont pas bonnes au niveau du cardio, par contre mes jambes vont plutôt bien finalement. On arrive à l’escalier, je me retourne et Xavier est bien là juste derrière moi. Il y a du monde mais on peut quand même avancer, c’est déjà ça.

Après l’escalier on enchaîne deux kilomètres assez « faciles », à l’exception d’une descente courte mais bien abrupte, qui me permet de me rendre compte que ça ne pique pas trop dans les quadriceps en descente, alors que c’était ma plus grosse crainte. Un dernier kilomètre de descente bouclé en 5’14 » (je le fais remarquer à Xavier en lui disant que ce sera probablement le seul kilomètre couru à plus de 10km/h de la course), et c’est parti pour la première ascension. Les sensations commencent à s’améliorer au niveau cardio, et plus ça va plus finalement on se dit que ça devrait plutôt bien se passer. On est pas vraiment en mode économie d’énergie niveau paroles et on ne se gêne pas pour discuter, mais ça fait passer le temps plus vite. On avance pas trop mal avec tantôt de la marche rapide tantôt de la course quand la pente le permet (en temps normal on pourrait en réalité courir cette portion presque dans son intégralité), et très vite on rattrape la fin de course du challenge parti plus tôt, on passera d’ailleurs les 2 tiers de la course à doubler la fin de peloton du challenge, moralement c’est sympa pour nous mais ça doit être juste horrible pour eux, du coup dès que je peux je leur dis quelques mots d’encouragement en passant, car les vrais champions ce sont eux, et deux jours supplémentaires les attendent encore.

Au bout de 10km on arrive sur une descente de 4km assez roulante, ça fait plaisir de pouvoir vraiment courir et se laisser un peu aller, même si on ne dépasse pas les 10km/h.

Après 2h11 et 14km de course, on atteint le premier ravito à Laffrey. J’ai la bonne surprise de faire remplir mes flasques d’eau par DAWA SHERPA, normalement engagé sur le Challenge mais qui souffre d’une douleur au mollet et a donc rejoint le côté des bénévoles. Un exemple d’humilité et de simplicité, tout simplement. J’engloutis deux morceaux de pain avec du jambon cru, et je suis prête à repartir mais ce cher Xavier n’est pas des plus véloces lorsqu’il s’agit du ravitaillement … pas grave, on est pas pressés aujourd’hui alors je l’attends quelques minutes et on repart ensemble.

Juste après le ravitaillement on passe à côté d’un petit lac avant de reprendre de nouveau l’ascension, mais cette portion est plutôt « facile » comparé à ce qu’on a pu voir la veille et jusque là aujourd’hui, alors on continue d’avancer sur un rythme correct en alternant course et marche selon la côte, et c’est plutôt bon pour le moral. Le paysage devient plus montagneux, sauf que le brouillard s’invite à la fête et se fait de plus en plus présent au fur et à mesure de l’ascension. Xavier est légèrement derrière moi mais il continue de suivre et se calque sur ce que je fais, on forme un bon duo. Tellement bon que depuis le début de la course on nous a pris une dizaine de fois pour un couple, mais au moins ça nous aura occupé à démentir et discuter avec les gens 😀 .

Pile deux heures et environ 12km après avoir passé le premier ravito on arrive au second point de contrôle et ravitaillement, « La Morte » de son charmant nom. Je prends un peu plus de temps qu’au premier ravitaillement car je sais que Xavier aime bien profiter du buffet à volonté, mais là encore je dois l’attendre 3 minutes dehors et en restant immobile j’ai un peu froid. On repart en sachant que la plus grosse ascension de la course nous attend: le Pas de la Vache qui va nous amener à plus de 2200 mètres d’altitude. Le chemin est rapidement assez étroit mais je double quelques personnes, au début Xavier suit mais rapidement on se retrouve avec plusieurs personnes entre nous, et au bout d’1km je ne le vois plus. On arrive au bas de la partie la plus difficile du col et malgré le brouillard le paysage est très beau alors j’en profite pour faire une photo en attendant Xavier. Quand il me rejoint il me dit de partir devant et qu’on se retrouvera peut-être plus tard mais que pour l’instant il ne peut pas suivre. J’hésite mais je finis par partir car je sais qu’une grosse descente nous attend et qu’il sera plus à l’aise que moi dans cette portion, alors autant éviter de se ralentir mutuellement, surtout que finalement les kilomètres sont moins durs à encaisser que prévu.

Je continue donc seule à grimper ces 4km de côte à 25% (d’après Strava), en m’enfonçant dans un épais brouillard. Après d’interminables lacets j’arrive enfin au sommet où je peux sonner la cloche, et imaginer grâce à une pancarte le superbe paysage qui m’entoure, mais dans les faits on ne voit pas à plus de dix mètres. Un bénévole est là pour donner des recommandations de prudence car on redescend par un petit morceau de crête apparemment un peu exposé, ceux qui ont le vertige doivent être contents que le brouillard soit là pour ne rien voir. En cours de route je croise Cyril, un copain lancé sur le challenge, posé là sur le bord du chemin en mode « sieste ». Je lui demande ce qu’il fabrique, il me dit qu’il a un petit coup de mou mais se motive à reprendre la route pour quelques minutes avec moi avant de partir devant. Comme prévu, la descente est très abrupte et difficile pour moi, cette course me permet vraiment de me rendre compte de mes faiblesses (qui ne sont clairement pas les montées comme je l’imaginais, mais les descentes dès qu’elles sont un peu techniques!). Je passe le temps en me disant qu’une fois rentrée à la maison, je pourrais travailler sur ce point faible, puisque j’ai réussi à m’améliorer en montée je devrais pouvoir le faire pour les descentes!

Je finis par atterrir sur une route, le ravitaillement 3 n’est plus très loin et j’accélère sur cette mini portion facile. Au ravito je prends bien mon temps, ça fait maintenant 7h18 que je suis en course et avec les 6h31 de la veille ça commence à faire beaucoup. Après m’être bien requinquée et avoir discuté avec quelques coureurs je repars pour la toute dernière montée de la course. Je double une quinzaine de coureurs qui m’avaient atomisée dans la descente, on me fait remarquer que je grimpe bien, à ce stade là j’ai plutôt tendance à penser que je descends juste très mal.

Au sommet on arrive sur un plateau qui offre un superbe paysage et quelques kilomètres de répit et permet de trotter à un rythme agréable. Tout le monde court… et s’arrête aussi pour quelques photos.

Un peu plus loin on arrive à un dernier point de ravitaillement surprise mais je ne prends pas la peine de m’arrêter, j’ai encore de l’eau et envie d’en terminer car je sais que la descente finale est la plus difficile, d’après plusieurs coureurs.

5km/1200D-, voilà ce que nous annoncent les bénévoles, et ils ne mentent pas. C’est encore la même histoire, j’ai du mal à descendre mais un peu moins que sur la descente du pas de la vache, en revanche je commence à trouver ça long. Cyril que j’avais laissé derrière au ravito me passe devant, puis j’entame la discussion avec un monsieur parisien à qui je demande comment il fait pour s’entraîner là bas. Soudain j’entends une voix familière, c’est Xavier qui vient de me rattraper à quelques kilomètres de la fin! Il semble hyper à l’aise et en forme, je suis contente pour lui et je lui dis de ne pas m’attendre, je le vois s’éloigner avec envie car je suis bien incapable de descendre au même rythme. Je finis par voir le bout du tunnel, enfin le bitume quoi, mais il reste encore 1 ou 2km pour passer la ligne d’arrivée et je relance comme je peux.

A l’entrée de Rioupéroux il y a énormément de monde et ils encouragent tous les coureurs pour les 300 mètres de côte qu’il reste à parcourir avant de passer la ligne d’arrivée. Ca y’est, je la vois ! Je la franchis, le speaker me félicite et annonce qu’il s’agit de mon deuxième sommet, ça y’est je suis Finisher de mon petit challenge « demi UT4M ».

Comment conclure ? J’ai adoré cette course, son ambiance, et je suis contente d’avoir été au bout du défi, qui a finalement été moins difficile à gérer que ce que j’imaginais ! Je repars pleine de souvenirs mais surtout avec de nouveaux rêves pour la suite, et je suis encore plus convaincue qu’avant que ce sont les Trails « longue distance » (tout est relatif) qui m’attirent le plus.

Et en me levant samedi matin j’ai eu un petit pincement au cœur à l’idée de ne pas prendre le départ de l’étape Belledonne… il faudra revenir l’an prochain pour découvrir les deux massifs restants 🙂 .

En attendant, cap sur le prochain objectif: une course à étapes (30/60/25km) en autosuffisance alimentaire dans le désert début décembre … Le Half Marathon des Sables Pérou!

10 réflexions sur “Compte rendu UT4M part 2 : Oisans (50km / 3500D+)

  1. Xavier dit :

    Mince, me voilà replongé dans cette journée de vendredi… Merci Lisa 🙈 J’ai l’impression que mes narines respirent à nouveau l’odeur du fromage 🧀 et de la charcutaille 🥓 aux ravito 😂 😂 😂
    Noooooooooon mais, Hey, j’ai couru aussi 😉 Cette étape était vraiment top, ma préférée des 2 d’ailleurs, malgré la belle montée jusqu’au col de vache qui m’aura fait souffrir… Mais ces paysages et ces descentes 😍 quel kiff de malade !
    Aller, RDV l’an prochain UT4M !!!

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  2. maité lecouty dit :

    Bravo lisa, chapeau pour cet UT2M! Je t’ai aperçue à la tour sans venin (étape du vercors, au bout de 8kms). Bonne récupération et bonne prépa pour le Pérou ça va être encore une sacrée et belle aventure!

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    • lilyrunning dit :

      😂 il m’a parlé d’endroits pas mal de l’autre côté de Paris mais ça lui faisait loin, du coup il trouve une belle côte et il la répète encore et encore comme un hamster 😅. J’ai aussi déjà entendu des histoires de grande tour d’immeuble vide ou les gars grimpent et descendent dix étages X fois (cf “La folle histoire du Trail”, très bon livre 👌)

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  3. Delphine dit :

    Très bon compte-rendu.
    Il y a un peu près un an, tu as annoncé que tu retournais travailler en entreprise. Est-ce que c’est toujours le cas? Drôle de question mais comme tu fais tes entraînements le matin et que tu avais dit qu’avec ton nouveau travail, tu irais courir plutôt le midi… Et comme ce n’est pas le cas…

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  4. Fanny dit :

    Félicitations pour ce nouveau défi. Si tu trouves des exercices pour s’améliorer en descente, pourrais-tu nous en faire profiter ?😀Enfin, j’imagine qu’il n’y a pas de mystère : pour gagner de l’aisance en descente, il faut bouffer de… La descente.

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