Compte rendu : One & 1 – Etape 1

Le week-end dernier avait lieu la toute première édition de la One & 1 – Run To Camp, le trail de début de saison « à la cool » imaginé par Germain Grangier et Katie Schide. Enfin… à la cool selon leurs critères, ça donne quand même 82km et 5000D+ à parcourir en deux étapes, le tout en duo, équipés d’un baudrier sur une partie de la course, avec une nuit de bivouac entre les deux. Rien que ça. Ça vous intrigue? Attendez, je vous raconte. 

LE CONCEPT ONE & 1

2 étapes : Pourquoi se contenter d’une seule journée de course, quand on peut passer un weekend entier à se régaler sur les sentiers entre copains ? Le format en deux jours rendait la course plus conviviale, et surtout accessible à plus de coureurs, pas forcément prêts à se prendre 82km et 5000D+ dans les jambes d’un seul coup. Ça donne donc deux étapes : 55km pour 3400D+ samedi, et 27km pour 1600D+ dimanche. Un gros bloc d’entraînement parfait pour débuter ma prépa UTPMA !

2 coureurs : Avec la One&1 tout va par deux, y compris les coureurs! On s’inscrit ensemble, on court ensemble, et surtout on termine ensemble! Pour ma part c’est à la fois par hasard et naturellement que mon binôme avec Xavier s’est formé : on était au même endroit au même moment quand le duo infernal Cyril/Fred a décidé qu’il fallait qu’on participe, et tant qu’à faire ensemble. On avait déjà couru une bonne partie de course à deux sur l’UT4M Oisans et sur Marseille-Cassis et on savait que nos allures coïncidaient à peu près … alors quand ils ont ajouté qu’il y aurait des bières sur le bivouac, on s’est laissés tenter!

1 bivouac : Plutôt que d’aller squatter tous les hôtels et airbnb du coin entre les deux étapes, la One&1 proposait un grand bivouac et une nuit en tente pour partager un moment festif tous ensemble, avec concert de guitare acoustique au coin du feu … enfin ça, c’était sur le papier. En vrai, il a plu de 17h à 5h du mat’, mais l’ambiance était quand même au rdv ! Et pas besoin de trimballer ses affaires façon épreuve en autonomie: les tentes étaient fournis, et on pouvait laisser un sac le matin avec toutes nos affaires, qui nous attendait directement sur la ligne d’arrivée.

2 baudriers : Il y a des listes de matériel obligatoires plus ou moins longues et étranges selon les courses. Sur la One&1, on fait dans l’originalité, et il faut ramener son baudrier et sa longe ! Les deux étapes empruntent en effet des sections un peu spéciales: le jour 1, c’est pour passer la voie rouge du Baou de Saint-Jeannet qu’il faut s’équiper, et le jour 2 c’est pour ne pas glisser en passant derrière la superbe Cascade de Courmes ! Côté logistique, les baudriers sont donc obligatoires à chaque départ d’étape, et on peut les déposer au ravito suivant la section de via ferrata, soit après 20 bornes environ.

La French Riviera … Ou pas : A seulement quelques kilomètres de Nice, le cadre de la course est assez incroyable. On voit la mer au loin, et pourtant on prend très vite de la hauteur, jusqu’à atteindre les 1800m et à avoir … les pieds dans la neige ! Je n’avais jamais couru dans ce coin là, et j’ai adoré les vues aussi bien que les sentiers hyper variés, entre petits chemins roulants et gros chantiers !

BREF, j’ai déjà trop parlé, alors passons au compte rendu !

STAGE 1 : VENCE – GOURDON 55km – 3400D+

On est samedi, il est 5h40 et à 20 minutes du départ la situation est la suivante : j’ai encore la trace de l’oreiller sur la tronche, je réalise qu’il manque une des deux attaches avant sur mon sac de Trail, et on n’a pas encore tranché concernant la question cruciale – bâtons or not bâtons pour se manger les 5000D+ qui nous attendent en deux jours. La réponse sera finalement oui, sauf que j’ai paumé mon carquois, qu’avec le harnais je ne peux pas non plus ranger les bâtons à l’arrière de ma ceinture Ultimate Direction achetée la veille (comment ça on doit essayer son matériel avant une course?), et qu’il est interdit de garder les bâtons en main lors de la section de via ferrata.

Pas grave : deux attaches c’est surfait , et pour les bâtons on fait tout rentrer dans le sac de Xavier, après tout s’il y a la place pour deux il y a la place pour 4, et quitte à avoir un binôme, autant qu’il me serve à quelque chose :p .

On se place vers le milieu du sas de départ, un dernier encouragement aux autres copains qui sont sur le départ car nous sommes une bande de 5 binômes à avoir fait le déplacement, et hop il est déjà 6h, c’est parti !

Km1 à 4 : La course démarre par une montée en bitume pour rejoindre les hauteurs au dessus du village, et ça part fort : tout le monde veut bien se placer avant d’arriver sur les chemins en single, et surtout avant la section de Via Ferrata pendant laquelle il est totalement interdit de doubler. Avec Xavier on part à un bon rythme mais sans se mettre dans le rouge, on sait que la journée va être longue. Rapidement le chemin se rétrécit et on attaque une belle montée que les premiers ont sûrement courue, de notre côté on se contente de marcher sur un bon rythme en suivant le mouvement des binômes devant nous. On finit par arriver sur un petit plateau, et la vue qui s’offre à nous juste avant l’aube est incroyable. Je souris comme l’imbécile heureuse que je suis, je sais que ça va être une belle journée.

Km5 à 10 : on bascule sur une première descente bien abrupte et ça glisse un peu mais mes Scott Supertrac Ultra accrochent bien et je me régale, je prends un peu d’avance sur Xavier dont les chaussures accrochent un peu moins, c’est bien la première fois que je vais plus vite que lui sur une descente ! On enchaîne sur une section roulante, on discute avec quelques binômes et très vite le premier ravito est là. Je propose à Xavier de ne pas s’arrêter et il acquiesce, direction la section de via ferrata du jour !

Juste après le ravito on nous distribue des casques et j’hérite d’une taille enfant. Quelques centaines de mètres plus loin, nous voilà à l’assaut du Baou de Saint Jeannet, et après un début de grimpette non équipés, on se retrouve au pied de la Voie Rouge … et de la file d’attente. Les dépassements sont strictement interdits sur cette portion avec baudriers et ça n’avance pas vite, alors forcément ça crée quelques bouchons. Pas grave, on en profite pour récupérer, admirer la vue, discuter avec les autres duos, et puis tant qu’à être là et devoir attendre, on prend aussi le temps de faire quelques photos. Je ne sais pas combien de temps on met à passer la voie, mais on est accueillis au sommet par les encouragements des bénévoles et des familles venues encourager les coureurs, et on repart frais comme si on n’avait pas encore commencé à courir, c’est d’ailleurs une sensation un peu étrange.

Km 11 à 20 : Le parcours continue sur une section très roulante et agréable, mais après quelques minutes, avec Xavier on a l’impression d’être tombés dans une faille spacio-temporelle : plus de concurrents en vue devant nous, plus personne derrière nous non plus, bref on est seuls au monde. Les balises sont pourtant toujours là alors on continue d’avancer, et on finit quand même par rattraper un binôme au début d’une remontée toujours très roulante. Xavier n’a pas l’air très motivé à courir, mais je l’amadoue en lui disant que notre premier vrai ravito n’est plus très loin, et en le forçant à cavaler « jusqu’à la prochaine balise (…) non pas celle là, c’était celle d’après en fait! ». On finit par rejoindre le ravito et il est le bienvenu, car depuis le début du parcours on a bien bu, mais pas mangé grand chose. Les bénévoles sont aux petits soins et nous aident à remplir nos flasques, on en profite aussi pour sortir les bâtons car il paraît que la suite va un peu piquer.

Km21 à 31 : Effectivement, juste après le ravito on attaque une belle portion de grimpette sur un sentier pas toujours vraiment tracé, et plus on prend de hauteur plus le temps se rafraîchit. On finit par atteindre une sorte de plateau, et la superbe vue laisse apercevoir au loin des sommets enneigés… « C’est là qu’on va tu crois? » « On dirait bien que oui! »

Après quelques kilomètres plus ou moins roulants à admirer les vues incroyables, on recommence à prendre de l’altitude, et les petites plaques de neige qui nous faisaient sourire laissent place à un vrai manteau blanc, spectacle plutôt surréaliste et inattendu pour un mois d’avril près de la Côte d’Azur (photos en fin de CR!). Mais plus on prend de la hauteur et plus il fait FROID, et j’attends bien trop longtemps avant de me décider à enfiler mes gants. Moi qui trouvais l' »activation du pack froid » un peu exagérée, je commence à mieux comprendre cette décision de l’organisation. J’ai les mains tellement gelées qu’elles ont un peu gonflé et je suis obligée de demander de l’aide à Xavier pour enfiler mes gants. Il comprend qu’il ne faut pas traîner par ici s’il ne veut pas perdre sa binomette en route, et on se dépêche de repartir, mais chaque fois qu’on pense avoir atteint la Cime du Cheiron, une nouvelle bosse se présente.

Km 31 à 37 : Le sommet est enfin là, et un courageux bénévole nous accueille et nous encourage. Je resterai bien là à lui tenir compagnie, mais en fait non j’ai bien trop froid, et puis le ravito suivant nous attend. On commence à redescendre sur un chemin à peine tracé, difficile de savoir où mettre les pieds mais un peu plus bas un photographe nous indique « vous inquiétez pas, juste un peu plus bas c’est un vrai sentier! ». À la place j’entend « un vrai chantier »... coïncidence ? Je ne pense pas ! On continue de descendre et c’est un vrai jeu de piste pour réussir à suivre les balises, mais je reste positive : les températures commencent à remonter, c’est déjà ça ! Après quelques kilomètres de chantier/sentier, on finit par rejoindre un superbe chemin en balcon qui nous mènera vers le prochain ravito, dans le village de Greolières.

Je reprends de la confiance et de la vitesse et je m’accroche aux baskets de mon binôme, très à l’aise sur ce genre de descente qui ressemble beaucoup à celles qu’on peut trouver dans nos chères Calanques. On avance plutôt bien, même si je suis un peu saoulée de voir que quelques coureurs ne se gênent absolument pas pour couper en plein milieu au lieu de respecter le balisage. Il fait maintenant bien plus doux et j’ose enfin retirer mes gants, je sens de nouveau mes doigts. Un peu avant la fin de la descente je ressens soudain le besoin de m’arrêter pour faire pipi TOUT DE SUITE, et mon binôme me couvre tandis que quelques duos nous passent devant, mais on les retrouvera ensuite au ravito.

Km38 à 45 : Petite pause dans le charmant village de Gréolières, où les bénévoles sont toujours aussi souriants et accueillants. Je laisse à peine le temps à Xavier de savourer un verre de Saint-Yorre et quelques madeleines et je lui propose de repartir, faut pas traîner si on veut être à l’arrivée pour l’heure du goûter ! On continue de redescendre sur une section très roulante, et on fait nos petits calculs : à ce moment là on est très optimistes, et on s’imagine pouvoir finir en moins de 10h. Sauf qu’après la descente, forcément on remonte, et mon cher binôme se prend soudain un petit coup de mou. Pas grave, on marche sur un bon rythme en attendant qu’il retrouve de l’énergie, et on s’offre une petite balade touristique dans Cipières, un autre petit village très agréable. Heureusement qu’il n’y a pas de terrasse ensoleillée sur notre passage, sinon je crois que Xavier se poserait à une table pour commander une pression. C’est super roulant et j’ai envie de courir, mais je m’adapte, et je plaisante avec quelques binômes qui nous doublent mais n’en mènent pas large non plus. Xavier finit par réclamer une « pause technique », et même si on perd quelques minutes, il repart en meilleure forme et bien reboosté. Quelques minutes plus tard ma montre tombe en rade de batterie, je lance une activité sur Strava mais jusqu’à la fin de la course je n’aurais plus aucun repère de chrono ni de distance, et ça ne me dérange pas plus que ça. On continue d’avancer vers le dernier ravito en faisant nos petits calculs qui passent le temps, et on réalise clairement que les moins de 10h ne passeront pas… mais peu importe ! On profite de l’instant et des paysages, jusqu’à ce moment surréaliste ou Xavier fait même marche arrière pour prendre en photo un caillou pour son fils. #touristes

km46 à 55: Ça y est, l’ultime ravito est là ! Je motive Xavier à ne pas trop traîner en lui exposant ma théorie: si on se dépêche un peu on sera en bas pile à l’heure du goûter, et il y aura surement des choses bien plus intéressantes à manger! Ça semble à peu près le convaincre, ou tout du moins il fait semblant pour me faire plaisir, et on repart vers la dernière portion de course. Moi qui commençait à fatiguer, plus on approche de la fin et plus les bonnes sensations reviennent. A 4 kilomètres de l’arrivée on rejoint un superbe sentier en balcon et on entend déjà au loin la musique du village de course, la ligne d’arrivée est à nous ! On déroule, on est bien et on accélère, jusqu’à rejoindre l’ultime kilomètre de bitume qui nous sépare de la fin de cette première étape. Les bénévoles et les encouragements se font de plus en plus nombreux, et ca y’est, on voit enfin l’arche ! Une dernière accélération et nous voila finishers de cette première étape, en 10h18 , 10ème binôme mixte et 56èmes au scratch.

Un bon ravito, une bière largement méritée et une douche chaude plus tard, on accueille les copains à l’arrivée. Entre temps il s’est mis à pleuvoir, et ça n’arrêtera pas avant 5h du matin …

(TO BE CONTINUED POUR LA SECONDE PARTIE OF L’HISTOIRE)

One & One

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Xavier se réveille gentiment …

One & 1 Baou de Saint Jannet

Beaux comme des camions

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casques oranges pour voie rouge

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Quand on achète des cartes postales en chemin

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Dernière descente!

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Tout ça pour une bière …

 

 

Une réflexion sur “Compte rendu : One & 1 – Etape 1

  1. Xavier PAURIOL dit :

    Aaaaaah le photographe de « chantier » 😁
    C’est vrai que ce passage à été épique ! Heureusement que lui et ses copains étaient là d’ailleurs pour nous crier du haut le leur promontoire une fois qu’on était en contrebas « À gauche ! À gaaaauuuuuche ! À GAUCHE !!! » Alors qu’on s’entétait à vouloir continuer tout droit 🤦‍♂️

    Et cette montée pour arriver à Cipières et continuer au delà…. J’aurai vraiment trop attendu avant ma pause technique. Mais attends… Ce n’était pas TA pause Instagrammeuse d’ailleurs ? Il paraît que ça a balancé grave sur les réseaux à ce moment là… 🙈

    En tout cas le hasard fait bien les choses, je suis satisfait de ma binômette même si elle m’a confondu avec un porteur himalayen 😂

    Aimé par 1 personne

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