Compte rendu UT4M part 1 : Vercors (38km / 2600D+)

Jeudi dernier, je prenais le départ d’un défi un peu particulier: enchaîner deux Trails longs en deux jours avec les étapes Vercors et Oisans de l’UT4M (Ultra Tour des 4 Massifs). En deux jours j’ai cumulé 88km et 6200mD+, soit 16h40 à trottiner sur les sentiers, et voici le récit de cette jolie aventure!

L’UT4M, c’est quoi?

Un peu de contexte avant de démarrer: l’UT4M, c’est un événement pas comme les autres car il n’y a pas une seule, mais 13 courses différentes possibles !

  • Une vraie formule Ultra Trail avec le tour complet d’une seule traite (169km / 11000D+)
  • Un format « Challenge » avec la même distance répartie sur 4 étapes : un jour =  un massif, en repartant chaque jour du point d’arrivée de la veille
  • La possibilité de s’inscrire à une seule des étapes (entre 38km et 50km selon le massif choisi), ainsi qu’un 95km, deux courses de 20km, un format 10km et même un KMV.

Capture.JPG

Bref, une belle célébration du Trail et des massifs Grenoblois!

Lorsque l’organisation de la course m’a proposé de participer il y a quelques mois, la formule « Challenge » m’a tout de suite séduite. Sauf que 1) J’ai encore trop peu d’expérience en Trail long pour me lancer un tel défi et la course avait lieu seulement 4 semaines après la 6000D / 2) J’étais invitée à un mariage le samedi, jour de la troisième étape. Du coup, j’ai décidé de quand même me challenger en m’inscrivant individuellement aux deux étapes qui collaient pour moi au niveau des dates : Vercors et Oisans !

Maintenant que vous savez comment et pourquoi je me suis retrouvée au départ de la course, passons au CR 🙂

UT4M Vercors

Jeudi, 7h55 du matin, je suis dans le SAS de départ avec Xavier, un copain marseillais qui s’est laissé embarquer dans l’aventure. On est plutôt nombreux car tout le monde est mélangé: les coureurs du challenge, ceux du 40km, et également ceux du 20km qui suit le même tracé mais s’arrête à mi parcours. J’ai plutôt l’habitude de partir dans le premier quart du SAS pour éviter les bousculades, mais aujourd’hui je sais que je ne suis pas pressée et que ça ne sert à rien de partir vite, du coup on se positionne vers le milieu du SAS. A 7h59 je me rends compte que j’ai oublié d’accrocher mon sac sur le devant, à peine le temps de le faire que le coup d’envoi est donné, c’est parti !

Le départ avec autant de monde est un peu compliqué, mais je me faufile et après 500 mètres c’est déjà mieux. En regardant le profil je m’attendais à 3km de plat au départ, mais en réalité ça grimpe dés le début! La pente est assez faible alors je fais le choix de courir pour le moment, tandis que d’autres marchent déjà. Je me questionne, je ne sais pas si je vais trop vite ou trop doucement, mais on avait dit un pied devant l’autre, alors je continue au feeling et je boucle les 5 premiers kilomètres en courant presque tout le long, mais une première grosse montée au kilomètre 6 calme mes ardeurs. Je commence à marcher, mais j’ai toujours du mal avec l’utilisation des bâtons et je ne suis pas très efficace, alors dès que la pente s’adoucit un peu je cours de nouveau. Pour l’instant le parcours n’est pas hyper intéressant, on est en sous bois mais au moins on reste au frais, car la météo qui s’annonçait pluvieuse est finalement plutôt bonne!

Soudain, au détour d’un virage, surprise: je vois au loin une nuée de petites fourmis en train de grimper un escalier … J’avais vaguement entendu quelque part la mention de ce truc et il est bien là, un tremplin à grimper pour accéder au premier ravito. Vu de loin il faisait peur mais finalement ça passe, on est à la queue leu leu, impossible de doubler et le groupe devant moi ne va pas trop vite, jusqu’ici tout va bien.

Au premier ravito je recharge mon eau et je mange quelques tucs mais je repars assez rapidement, et c’est là que les choses sérieuses commencent avec l’ascension vers Moucherotte, le premier sommet du jour! Le parcours se corse mais commence a vraiment me plaire, et je réussis à prendre le rythme avec mes bâtons, je me régale. Arrivée au sommet je ne traîne pas, et après une courte descente abrupte on passe sur un long sentier DFCI qui emmène vers le second ravitaillement au kilomètre 20, l’arrivée du parcours pour certains. La descente est très roulante alors je me laisse aller sans trop accélérer non plus, car je sais que la route est longue derrière, il faut garder de l’énergie.

En bas les spectateurs sont nombreux et adorables, ils essaient de lire le nom de tous les coureurs sur le dossard pour les encourager alors j’ai droit à mon lot de « ALLEZ LISA » avant le passage du point de contrôle. Cette fois ci je passe beaucoup plus de temps au ravito, avec encore et toujours des tucs, plein de fruits secs, et un morceau de pâte d’amande. Au moment de repartir je suis surprise d’entendre que la troisième féminine du 20km vient de passer la ligne d’arrivée, j’aurais donc fait un classement scratch sur le 20km si j’y avais participé… Sauf que je suis sur le 38km, et qu’il est temps de repartir!

Deuxième grosse ascension du jour vers le Pic Saint Michel, et ça y’est, je commence à fatiguer un peu mais ça va toujours, et les paysages sont tellement beaux que je n’y pense même pas. L’ascension prend un moment mais je ne vois vraiment pas le temps passer, et une fois au sommet je ne regrette vraiment pas la balade! C’est juste superbe, je prends le temps de faire quelques photos parce qu’après tout on est pas à quelques minutes près, et je vois un texto de mon amoureux qui m’encourage et me dit que je suis « très bien classée », je ne sais pas franchement ce qu’il entend par là mais ça me donne un coup de boost supplémentaire.

J’entame la descente, et c’est là que les choses se corsent. C’est abrupte et technique, et clairement, j’ai énormément de mal à avancer correctement, mais pour l’instant je le vis bien car le paysage est à couper le souffle alors j’en « profite » … Mais après seulement 1km on entre dans un sous bois, et là mon petit enfer du jour commence: je n’ai presque plus d’eau et la descente de 5km est interminable, j’avance vraiment doucement et je me fais doubler facilement une vingtaine de fois tandis que j’avale tant bien que mal ces 1000 mètres de D- . Mon calvaire finit par s’arrêter avec l’arrivée au dernier ravito, à moitié déshydratée. Je me rafraîchis dans une fontaine, je bois beaucoup, je remplis mes gourdes, je mange, et après quelques minutes je repars, presque soulagée de m’attaquer cette fois à une montée!

C’est la dernière et même si le manque d’eau a laissé des traces je me sens de nouveau un peu mieux, j’y vais à mon rythme et je pense à l’arrivée qui n’est plus si loin. En chemin je croise un coureur plutôt très jeune arrêté sur le côté, je lui demande si ça va et il me dit qu’il a des crampes, je lui dis qu’on y est presque et que s’il cherche un lièvre lent pour s’accrocher jusqu’en haut je suis là… il acquiesce et me suit sur ce dernier kilomètre de montée, j’aurais au moins fait ma BA du jour! Une fois en haut il me remercie et me laisse partir sur la dernière descente: plus que 4km avant l’arrivée et même si ça tire sur les quadriceps c’est un peu plus facile qu’avant, surtout avec de l’eau! Après 20 longues minutes de descente j’atteins enfin l’entrée de Vif, et il reste 1km de bitume plat à avaler avant de passer la ligne d’arrivée, ce genre de kilomètre qui semble toujours interminable … Mais ça y’est, je vois enfin l’arche d’arrivée au loin, je la passe et on m’annonce que je suis dans le top 10 de ma catégorie ! J’apprendrais un peu plus tard que je suis 59ème sur un peu plus de 300 coureurs, je me classe donc dans le premier 5ème du classement, une très très bonne surprise!

Même si je suis heureuse, cette ligne d’arrivée à une drôle de saveur, car je sais que c’est loin d’être terminé, et que le plus gros morceau m’attend demain avec l’étape Oisans, la plus difficile de l’UT4M …

(to be continued)

5 réflexions sur “Compte rendu UT4M part 1 : Vercors (38km / 2600D+)

    • lilyrunning dit :

      Oui, le plat de résistance c’était clairement Oisans ! Mais tu sais quoi, ça aurait sûrement été un peu trop ambitieux mais à l’issue des deux jours j’aurais bien pris le dessert avec Belledonne… et le digeo avec Chartreuse 🙈

      J'aime

  1. Xavier dit :

    Étrange, on dirait qu’on a couru au même endroit 🤔
    Bon, ton CR me replonge dans cette magnifique et 1ère expérience d’un trail « long » pour moi. Magique 🤩 Et au final on l’a presque vécu à l’identique cette étape Vercors, à 1h d’intervalle près 😂
    Ses premiers kilomètres roulants qui te donnent envie de courir. Ses escaliers du tremplin de saut à ski (et accessoirement aux pieds du 1er ravito 🤤) qui te donnaient mal aux jambes rien qu’à jeter un œil dessus. Sa vue depuis Moucherotte qui te faisait oublier l’ascension qui l’avait précédée. Sa première descente qui permettait enfin de renvoyer, raisonnablement (difficile parfois de garder en tête les km qui restaient encore à parcourir 🙄 et surtout le lendemain qui cognait déjà à la porte). Sa nouvelle vue à couper le souffle depuis le Pic St Michel (quoi ? il y avait une montée avant ? même pas vue 😎) et sa longue descente boueuse qui suivrait, descente de tous les dangers pour moi 😅 je m’en souviendrai avec ses jolies glissades dans la boue, mais quel kiff au final 😍

    Mince.
    Je crois que j’ai envie de rechausser les baskets 😁

    Aimé par 1 personne

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