Serre Che Snow Trail : mon premier Trail Blanc !

Cet article aurait pu s’appeler « Les Marseillais à Serre Che », « La neige c’est blanc » ou « Comment survivre quand il fait -8000°C », mais j’ai préféré faire simple. Du coup vous savez déjà tout: je suis là pour vous raconter mon premier Snow Trail, couru ce weekend à Serre-Chevalier, avec en bonus quelques petits conseils équipement pour ceux et celles qui passent par là et s’apprêtent aussi à se lancer sur un trail blanc 🙂 . 

Trois courses, trois ambiances

Parce qu’à « Serre-Che » on ne fait pas les choses à moitié, les organisateurs proposaient ce weekend trois formats de course :

  • Un 8km / 200D+ nocturne samedi à 18h pour se mettre en jambes
  • Un 10km / 600D+ dimanche matin
  • Un 20km / 1100D+ dimanche matin aussi

La particularité des parcours 10 et 20km ? On pouvait choisit son format PENDANT la course ! Après un départ commun sur 5km / 400D+ les deux parcours bifurquent, et on décide soit de partir tout droit pour en finir viiiite et tracer vers l’apéro, soit qu’il est quand même encore un peu tôt pour la bière et on part vers la droite pour quelques kilomètres de galère en plus … heu pardon de bonheur, je voulais dire de bonheur.

 

Test de Go Cryo – Ice Experience à Briançon

Comme tous les copains présents ce weekend, j’avais à la base prévu un petit combo avec d’abord la course nocturne de 8km / 200D+ samedi soir, avant d’enchaîner sur le format 20km le lendemain. Mais face à un tendon d’Achille régulièrement douloureux ces derniers temps, j’ai pris la décision la plus sage de la semaine voire même du mois en décidant de faire l’impasse sur la première course pour ne pas trop forcer avec deux efforts trop peu espacés; sinon cet article aurait peut-être fini par s’appeler « Mon tendon et moi : la rupture »… et même si c’est accrocheur, ça ne m’aurait pas fait très très plaisir.

Bref, à la place j’en ai profité pour prendre soin de ce cher Achille, en allant découvrir  Go Cryo – Ice Experience à Briançon, partenaire de la course qui propose de la cryothérapie corps entier, et de la pressothérapie. C’était ma toute première expérience de la cryothérapie (quoi, une blogueuse qui n’a pas déjà fait ce truc ultra à la mode depuis au moins 2018 ?), et j’ai trouvé ça étrangement agréable ! Après 5 minutes dans une cabine à environ -100°C, j’ai enchaîné sur 20 minutes de pressothérapie, et je suis ressortie du centre pleine d’endorphines et apaisée, avec le sentiment que cette exposition au froid avait fait le plus grand bien à mon tendon.

Serre-Che Snow Trail : compte rendu

Bref, je vous passe la suite de la soirée où j’ai bien suivi la consigne de m’hydrater et éviter l’alcool, mais un peu moins celle de me coucher tôt; mais après quelques heures de sommeil et un bon petit déjeuner, nous voilà à 8h58 sur la ligne de départ de la course. La plupart des copains restent tranquillement au fond du sas tandis qu’avec Xavier on s’avance un peu, et à 9h00 le coup d’envoi est donné.

Ça part fort sur le bitume pour rejoindre l’autre côté de la station et les petits chemins, mais après quelques centaines de mètres tout le monde est vite calmé par une première montée sur bitume, qui se prolonge rapidement sur un sentier forestier bien enneigé. Pour l’instant même si ça grimpe la neige est bien damée et le terrain très facile, à part quelques plaques de verglas rien de particulier à signaler, c’est presque comme courir sur route. Ça grimpe quand même bien alors j’adapte l’allure, en alternant marche et course selon la pente. Je sais que je vais assez rapidement devoir me décider entre le 10km et le 20km, mais pour l’instant mon tendon ne me gêne pas du tout et j’ai toujours en tête l’idée de faire le grand format.

Et là, alors que j’étais bien et confiante, la neige devient soudain poudreuse… très poudreuse. On s’enfonce, difficile de courir ou même de marcher quand on est pas douée comme moi, et je me rends compte que l’une de mes deux « chaînes à chaussures » est en train de se défaire. Je m’arrête pour la remettre en place mais je n’y arrive pas, tant pis on verra plus tard. Deux filles me doublent, et un paquet de bonhommes. Quelques centaines de mètres plus loin j’atteins la fin de la première montée, et il faut faire un choix là tout de suite : 10km ? 20km ? Je viens de passer 10 minutes à pester contre la neige poudreuse et je galère à remettre correctement en place mes chaînes, mon cerveau me joue des tours et me pousse à bifurquer sur le 10km, après tout ce serait le choix raisonnable. Le temps de remettre mes chaines et de me décider, 4 autres filles me doublent et partent en direction du 20km … Mais bizarrement, ça me motive à les suivre, alors je m’élance juste derrière elles. Au bout de 10 mètres je m’étale dans la neige, génial, je sens que j’ai fait le bon choix (ou pas).

La descente qui suit est finalement très facile, la neige est bien damée et je trace, doublant au passage quelques coureurs, mais de nouveau mes chaines partent dans tous les sens, tant pis j’abandonne, pour l’instant elles vont rester comme ça et on verra plus tard. Au 8ème kilomètres je passe à côté du ravito sans m’arrêter, et un peu plus loin c’est parti pour la seconde grosse montée de la course : 600m de D+ à avaler sur environ 3,5km. Je croise des bénévoles qui m’annoncent première féminine de la course, j’ai du mal à comprendre car j’ai beau avoir récupéré quelques places à la descente, j’avais deux filles devant moi au départ et deux autres qui m’ont doublée sur la fin de la montée… Mais là je fais le calcul et je réalise qu’elles ont du basculer sur le 10km, et que j’ai doublé les autres dans la descente. M*rde, moi qui devait ne pas être là pour le chrono et penser avant tout à mon tendon, j’ai soudain l’esprit de compétition qui se réveille et me dit qu’il va falloir s’accrocher et garder cette première place.

Le début de la montée se fait sur une grande piste damée et on bascule vite sur un petit chemin qui serpente dans la forêt avec de la neige bien fraîche, mais les baliseurs sont passés par là en raquettes et ont tracé des sortes de marches qui permettent de grimper sans trop de difficulté … enfin il faut quand même se farcir les 600 de D+, mais ça passe tout seul, le paysage est agréable, je me régale et je finis par arriver au sommet en me sentant bien, et prête à bien ré-accélérer dans la descente.

Presque plus de D+, environ 8km à descendre, les jambes encore en forme, je vais pouvoir tout donner… Ou pas. Après m’être émerveillée quelques instants de la jolie vue, je comprends très vite que ça ne va pas être aussi simple que ce que j’imaginais quand je réalise que rien n’est damé, et qu’on va devoir redescendre dans la neige poudreuse à souhait. J’ai le choix entre passer dans les traces des coureurs précédents pleines de bosses et de trous, ou courir sur le côté et faire ma trace; j’alterne entre les deux et c’est la galère.

Une de mes deux chaînes finit par totalement se défaire de mon pied, je capitule et je la prend à la main, tandis que l’autre restera à moitié de travers jusqu’à la fin de la course ( vous vous demandez si je vais vous recommander ce modèle ? On en reparle plus loin mais je vous donne un indice : NON ). Rapidement, je me fais doubler par la deuxième féminine (enfin la première du coup) et rattraper par une autre, on est toutes les trois dans la même galère et je discute un peu avec la troisième, qui va rapidement devenir la deuxième car je n’arrive pas à dompter cette p*tain de poudreuse qui n’en finit plus. Je les vois s’éloigner, mon esprit de compétition et ma fierté partent se cacher quelque part sous la neige. Vers le quinzième kilomètre, on attaque la vraie redescente, cette fois fini la poudreuse, place au verglas ! Ça glisse bien et sans chaînes je galère. Autant dans la poudreuse je faisais malgré tout de mon mieux pour avancer, autant là je préfère perdre des minutes que finir avec une jambe en moins, du coup j’y vais tranquillement, tout en maudissant mon équipement plutôt que de m’avouer que je ne maîtrise tout simplement pas ce terrain.

Kilomètre 18, on regagne enfin le bitume et au détour d’un virage Ayoub et Xavier sont là pour courir le dernier kilomètre avec moi, hop encore un peu de neige au milieu sinon c’est pas drôle, et on finit par atteindre l’arrivée.

On ne dirait peut-être pas vu comme je me plains des derniers kilomètres, mais j’ai adoré ! Il y avait de la neige, beaucoup de neige, et du verglas aussi, mais bon je crois que c’est le principe même du Snow Trail 😅. Et concrètement, à choisir entre ça et un parcours sur une piste damée avec vue sur les remontées mécaniques… le choix est vite fait !

En bref, si vous voulez passer un bon week-end entre copains, avec un équilibre parfait entre apéro, gaufres au chocolat et baskets; le snow trail est l’option parfaite, et celui de Serre Chevalier encore plus !

Pour ma part j’ai déjà pris rendez-vous sur l’édition d’été en septembre, mais cette fois du côté des bénévoles… on se voit là bas ? 🙂

Merci encore à Olivier, Nico, Eric, tous les bénévoles et à l’Office de Tourisme de Serre-Chevalier pour leur bel accueil ! 

Ci dessous quelques images du trail, et à la fin une petite packing list en bonus, si vous cherchez quelle tenue porter pour un trail blanc 😉

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Serre Che Snow Trail

Crédits : Cyrille Quintard – http://www.photo2trail.fr

Serre Che Snow Trail

Crédits : Cyrille Quintard – http://www.photo2trail.fr

Serre Che Snow Trail

Crédits : Cyrille Quintard – http://www.photo2trail.fr

 

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Les meilleurs organisateurs de la vallée !


Quel équipement pour un Snow Trail ? Packing list

– Une première couche chaude technique (type haut Odlo ou équivalent avec de la laine mérinos), qui permettra à la fois de tenir chaud et évacuer la transpiration

– Éventuellement une deuxième couche chaude (personnellement j’ai opté pour un gilet Odlo à manches courtes)

– Une veste coupe vent et imperméable avec une membrane type gore tex, à porter si les conditions météo sont mauvaises, ou à avoir dans le sac au cas où.

– Une bonne paire de leggings (pas forcément besoin qu’ils soient ultra chauds, on a froid au départ mais une fois en mouvement au niveau des jambes pas de soucis !)

– Une paire de chaussures de trail avec une bonne accroche, en Gore Tex ou pas, de toute façon les pieds vont sûrement finir mouillés, c’est le jeu

– Des guêtres pour éviter que la neige ne rentre dans les chaussures (optionnel mais utile)

– Une paire de chaînes à chaussures type « Yaktrax » pour éviter de glisser sur le verglas (en général les organisateurs vous conseilleront sur leur utilité ou non en fonction du parcours et du terrain).

J’avais un modèle très basique de là marque Nortec que j’avais acheté car c’était obligatoire sur la 6000D, et vous l’aurez compris je n’ai pas été ultra convaincue, mais c’est peut-être moi qui ai mal choisi la taille, car je les avais déjà prêtées à ma copine Sarah qui n’avait eu aucun soucis avec… Du coup elle en a hérité, je verrais quel modèle je choisis pour la prochaine fois !

– Des chaussettes chaudes mais techniques et adaptées au trail, une paire de gants et un bonnet ou un bandeau pour couvrir les oreilles, un buff simple ou en polaire

– Une paire de lunettes de soleil et de la crème solaire car s’il fait beau, la réverbération du soleil sur la neige peut vite être violente !

– Un sac de trail avec couverture de survie, eau (flasques plutôt que poche à eau pour éviter que ça gèle), et de quoi manger


 

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