Compte Rendu : Le Run In Marseille 2017, ma première expérience de meneuse d’allure

 

Aujourd’hui, je vous propose un compte rendu un peu différent des autres. Car pour la première fois, je n’ai pas participé à une course pour moi, mais pour accompagner des gens vers leur objectif: j’ai été meneuse d’allure sur le RUN IN MARSEILLE.

Une superbe expérience que je ne suis pas prête d’oublier, et que j’ai même déjà hâte de renouveler!

Retour sur ce weekend magique =)


Pourquoi vouloir être meneuse d’allure?

Je ne l’explique pas vraiment, mais ça fait un moment que j’ai envie de vivre cette expérience. Je crois que l’idée a commencé à germer au Semi Marathon de Barcelone l’année dernière, quand j’ai vu pour la première fois des meneurs d’allure.

J’ai trouvé ça vraiment beau, et généreux de la part de ces personnes, ce jour là j’étais plutôt admirative: j’ai l’habitude de courir « pour moi », alors qu’être meneur d’allure est synonyme de tellement d’autres choses! Courir pour les autres, les aider à aller au bout d’un objectif, les pousser à se dépasser, PARTAGER, tout simplement.

Quelques semaines plus tard j’ai rencontré Romuald, un des meneurs d’allure du club Run&Freedom, très habitué des marathons: il en court une dizaine par an en tant que meneur d’allure, quitte parfois à en oublier de faire des courses « pour lui »!

Ses récits m’ont donné envie, et l’idée a fait son petit bout de chemin dans ma tête, jusqu’à ce que je lui écrive en septembre pour lui demander comment faire pour, moi aussi, tenter cette jolie expérience… mais pas sur Marathon bien sûr. Il m’a mis en contact avec son club, Run&Freedom, mené par Dominique Chauvelier et qui se charge des « lièvres » de la plupart des courses organisées par A.S.O .

L’objectif: 10km en 47 minutes

C’était une évidence, je voulais vivre cette aventure sur le Run In Marseille : Ma ville, mon terrain de jeu, Marseille Capitale Européenne du Sport en cette année 2017, et cette course qui représente tellement pour moi, car j’y ai couru mon premier marathon l’an dernier.

A la base, j’aurais aimé être sur le Semi Marathon, mais n’étant pas du club, je n’ai pas été prioritaire (et c’est normal), du coup je me suis retrouvée sur le 10km en 47 minutes, sûrement pas plus mal pour une première fois!

10km en 47 minutes, c’est 4’42 » par kilomètre. Plus lent que mon allure 10, plus lent que mon allure semi, plus rapide que mon allure marathon et bien plus rapide que mon rythme d’endurance, bref, ce 4’42 » ne correspondait à rien.

Ça pourra paraître drôle ou naïf aux meneurs plus expérimentés, mais cette histoire me tenait à cœur, alors comme pour une course classique, j’ai décidé de me préparer aussi: sur les 5 dernières semaines, j’ai fait plusieurs sorties en partie à cette allure, dont 3 ou 4 sur le parcours, en mode « reconnaissance ».

LE PARCOURS ET LA STRATEGIE

Le parcours n’est pas évident: il part en faux plat descendant jusqu’au km3,5 , il y a ensuite une mini côte puis de beaux faux plats montants jusqu’au km6, avant de redescendre pendant 1km, puis une ultime relance avant l’arrivée sur le port. BREF, même si le dénivelé global n’est pas bien méchant, c’est pas plat.

J’avais donc prévu de partir un peu plus vite (4’38 »), pour pouvoir baisser la cadence dans les montées et essayer d’être constante sur la fin.

LA COURSE

Je partais plutôt confiante, mais BIM, à J-6, j’ai été malade pendant quelques jours. Grosse perte d’énergie, et surtout au passage grosse perte de confiance en moi! Mais avec l’arrivée du weekend et des copines, la bonne ambiance du village, et les jolies rencontres, les angoisses se sont heureusement envolées.

Dimanche matin, avec Fanny, on part sur le départ du Semi-Marathon qui est en fait juste à côté de chez moi, pour encourager nos ami(e)s, et puis aussi quelques inconnus, tant qu’à faire. Après un bref passage chez moi pour m’équiper de mon drapeau de meneuse d’allure (« Baisses-toi Lisa, je te la mets » … « Heuuu la tout de suite Fanny? »), on décide d’aller en footing jusqu’au départ, pour s’échauffer et voir ce que ça fait de courir avec « CA » dans le dos. Sur la rue de Rome, on s’arrête pour marcher et applaudir les marathoniens qui ont déjà parcouru 28 kilomètres. A ce moment là, je suis pleine de nostalgie et presque jalouse de ne pas courir de nouveau le marathon, mais aujourd’hui l’objectif est ailleurs.

Arrivée sur place, je me tape l’affiche: apparemment on m’appelle au micro depuis 10 minutes, j’avais rendez-vous à 10h15… et je n’étais pas au courant. Je reçois quelques conseils du meneur qui nous chapeaute, et je file me mettre dans mon SAS.

Quelques questions de coureurs, un peu de rigolade, un poil de stress, il est 11h, c’est parti….

KM1 – 4’35 » Ça part vite. Trop vite, comme sur toutes les courses. J’ai pourtant l’impression d’aller doucement, mais ma montre m’indique 4’20 », alors très vite je me calme.

KM2 – 4’38 » On est au dessus du rythme visé, mais pile comme il faut par rapport à ce que je prévois, c’est à dire rester à 4’38 » jusqu’au début de la Corniche.


KM3 – 4’39 » Tout va bien, j’ai l’impression d’avoir un paquet de monde qui me suit, d’autres sont devant. J’essaie de donner un peu de voix, mais c’est pas si évident…

KM4 – 4’42 » On approche de la fameuse montée, j’appréhende un peu. Dans ma tête il se passe plein de choses: Ok, je suis dans les allures que je voulais, mais est-ce que c’est ce qu’il fallait faire? Est-ce que j’ai été trop vite pour certains dès le départ? Est-ce que ma façon de gérer va leur aller? Je ne suis pas sûre de moi, mais bon, à un m’ment donné faut y aller, et je sais très bien qu’on va forcément ralentir en grimpant la Corniche, alors je ne regrette pas mes choix.

KM5 – 4’50 » La fameuse montée de la Corniche est là. Je ralentis et je gueule un peu « ALLEZ, elle est toute petite cette côte! c’est déjà presque fini! ALLEZ! » . On passe au ravito, je meurs de soif mais j’ai peur de gêner avec ma flamme, alors c’est ma Fanny qui va me chercher une bouteille d’eau, elle a décidé de faire la course avec moi.

KM6 et 7 – 4’42 » / 4’47 » On continue la Corniche et ses faux plats, j’ai l’impression de perdre les gens qui me suivaient, pourtant je suis dans l’allure voir même un peu plus lente. De nouvelles personnes qui étaient parties devant me voient passer et s’accrochent au wagon, d’autres semblent très déçues en me voyant les rattraper, j’essaie de les encourager.

KM8 – 4’35 » Ça redescend, on arrive au niveau des Catalans et je vois ma belle Solène qui a couru le Semi avec son mari, elle nous encourage, à ce moment là je repense au même endroit, l’année dernière, ou elle m’avait récupéré pour m’accompagner sur les derniers kilomètres du marathon. J’étais mal mais tellement heureuse de la voir! Le « Ta gueule » le plus mémorable de tous les temps.

KM9 – 4’44 »  J’essaie d’encourager les gens « ALLEZ VOUS Y ETES PRESQUE! ON LACHE PAS! ON ACCELERE! » . J’encourage un marathonien qui est dans le mal. Je crois qu’il a envie de me dire « Ta gueule » lui aussi. C’est de bonne guerre.

KM10 – 4’37 » On arrive sur le Port, c’est la fin, mes jambes accélèrent toutes seules (l’effet ligne d’arrivée haha) mais je me freine, j’essaie d’encourager encore les gens, je sais que j’ai perdu beaucoup de monde en route mais il y a plein de coureurs autour. J’ai aussi droit à beaucoup d’encouragements des copains qui sont là pour attendre des marathoniens et d’autres coureurs du 10km, c’est un joli finish.

Admirez cette attaque talon dégueulasse pendant que je me retourne une dernière fois pour encourager les coureurs.

Je passe la ligne d’arrivée, le temps d’arrêter ma montre je suis à 47’12 », au chrono officiel 47’06 » , la mission est accomplie!


Je ne sais pas si je trouve que j’ai été une bonne meneuse, et j’avoue être déçue car je sais que très peu de personnes m’ont suivies jusqu’au bout. Mais j’ai donné ce que j’avais, et j’ai atteint l’objectif, alors pour une première fois, je crois que je suis contente.

Comment conclure? j’ai ADORE cette expérience. J’ai manqué de confiance en moi, mais c’était tout simplement magique.

Je croyais venir pour donner, au final j’ai reçu encore plus je pense: des sourires, des merci, quelques paroles échangées avant ou après la course, plusieurs messages reçus, qui valent bien plus qu’un RP…

BREF, on recommence quand?

Un an d’amitié, ça se trinque!


 

 

4 réflexions sur “Compte Rendu : Le Run In Marseille 2017, ma première expérience de meneuse d’allure

  1. Seb dit :

    Compte-rendu intéressant, en solo on a toujours tendance à vouloir se dépasser et battre ses RP, et donc je pense que ça ne doit pas être si facile que ça de maintenir une allure qui n’est pas forcément celle à laquelle on évolue habituellement. C’est peut-être une expérience que je tenterai un jour ! Bravo en tous cas.

    Aimé par 1 personne

  2. Audrey dit :

    Trop chouette ton CR !
    J’étais sur le semi donc je ne t’ai pas vu mais la meneuse d’allure qu’on avait été top pour le 2h05 ! (j’ai juste pu lui dire un grand merci avant d’aller piller le ravito final :p). C’est vraiment super motivant, puis tous vos encouragements, vos remerciements au public … Bref, le Run In Marseille c’est magique ❤

    Aimé par 1 personne

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