Compte rendu: Le Marathon Run in Lyon … en relais!

J’en avais déjà parlé ici, cela fait quelques temps que les courses sur route ne m’intéressent plus trop pour diverses raisons. Mais il y a certains événements que je continue d’affectionner particulièrement, et le Run In Lyon en fait partie ! Allez comprendre pourquoi: je ne suis pas lyonnaise, je n’y ai jamais vécu, et le parcours n’a rien d’exceptionnellement beau. Mais j’aime beaucoup cette ville, cette course, et certainement aussi les souvenirs liés à mes deux participations précédentes en 2016 sur le Marathon, et en 2017 sur le semi!

Du coup, j’avais prévu d’aller y passer le weekend, pas pour m’aligner sur une course mais cette fois simplement pour soutenir des copains/copines alignés au départ, et en profiter pour caser ma sortie longue. Mais quand deux copines m’ont proposé une inscription en trio sur la version relais du Marathon … je n’ai pas pu résister!

Marathon de Lyon: la version relais

Vous ne connaissez pas le relais à 3 du Run In Lyon? Normal, cette année c’est la première fois que ce format était proposé, et pour une première on peut dire que c’était plutôt une réussite: 322 équipes ont passé la ligne d’arrivée !

Il ne s’agit pas d’un Ekiden mais bien d’un relais à 3 personnes, sur le même parcours que le marathon. On pourrait s’imaginer que chacun va donc courir 14km, mais la répartition des rôles est loin d’être aussi égale … Le premier relayeur court 20,5km / le second 14,5km / le dernier 7km ! Ça paraît étrange mais finalement c’est plutôt sympa: ça peut rendre le format accessible à des familles ou groupes d’amis avec un niveau d’endurance inégal, et permettre de s’inscrire et avoir un aperçu du marathon à des personnes plus débutantes!

Avec Delphine et Sarah ce n’était pas notre cas: elles ont toutes les deux déjà couru un Marathon et elles ont une bonne endurance , mais elles reviennent toutes les deux de blessure et ont repris récemment, alors le choix des relais s’est imposé naturellement, et forcément j’ai hérité du 20km!

Côté organisation, chaque relayeur a son propre dossard, plus un 4ème dossard sur une ceinture à se transmettre lors des passages de relais (avec un bâton ça aurait été drôle, mais pas hyper pratique…). Les zones de relais sont indiquées plusieurs centaines de mètres à l’avance, et un speaker annonce les arrivées par numéro de dossard pour que le relayeur puisse se tenir prêt, bref c’est plutôt bien pensé!

Mon relais

Il y a comme un air de déjà vu en ce dimanche matin: le relais de 20,5km est le premier, je me rends donc sur la ligne de départ, comme les deux années précédentes, et dans le même SAS -1h35 qu’en 2017. La seule grosse différence, c’est… la météo. Après deux années de météo dégueulasse le samedi / temps sec le dimanche, cette fois on a bien pu profiter de Lyon avec un grand et beau soleil la veille, mais là tout de suite il pleut. Pas grave, j’ai mon sac poubelle collection automne 2018 sur le dos, et une fois dans le SAS la pluie se calme bien alors je m’en débarrasse dans une poubelle.

Je n’ai pas réellement d’objectif, je n’ai pas préparé la course et c’est censé être une « sortie longue rapide » après déjà 50km d’entraînement cumulés dans la semaine, mais au dernier moment je décide que je vais essayer de tenir un rythme de 4’30 »/km , pile ce qu’il faut pour suivre le meneur d’allure 1h35 sur les 18 premiers kilomètres et réaliser le pronostic que Delphine avait fait pour moi. Et si j’arrive à tenir ce chrono ce sera déjà très bien, ça fait seulement deux semaines que j’ai décidé de me bouger avec des fractionnés serieux après deux gros objectifs trail cet été entrecoupés d’une période de recup et qui n’ont pas vraiment laissé de place pour la vitesse.

Plus le temps de trop réfléchir de toute façon, le coup d’envoi est déjà donné!

Km1 et 2 : Après quelques mètres à piétiner pour se faire sa place, je me laisse un peu emporter par le flot et je boucle les deux premiers kilomètres en 4’20 » et 4’25 », un peu trop rapide par rapport aux prévisions, il va falloir se calmer pour tenir sur la distance. Après 5 minutes de course j’entends derrière moi un « OH Lisaaa! Tu t’es cru à Marseille ou quoiii en short et débardeur? » C’est Wilder, un copain qui me passe devant et là je vois sa tenue et c’est à mon tour d’être choquée: il porte un legging et un sweatshirt qui a l’air bien épais, et il me confirme qu’il porte TROIS couches en haut (alors qu’il fait au moins 12 degrés) du coup je lui demande « Et toi, tu t’es cru à la Saintélyon ou quoi? ». Ouais, quand je cours je suis hilarante. Ou pas. Habillée comme ça je serais tombée dans les pommes au km4 mais ça n’a pas l’air de le déranger et il terminera son semi en 1h26, OKLM comme on dit chez les jeunes (Oui, je viens d’avoir 28 ans et il faut que je m’y fasse…)

Km 3 à 7 : Bon, en fait pas de meneur 1h35 en vue, il est sûrement parti dans le SAS suivant ou alors il est un peu derrière, alors je me base sur l’allure des coureurs autour. Je m’ennuie un peu sur ces premiers kilomètres et j’ai l’impression que ça va être long, je regrette de ne pas avoir mis de musique alors que j’ai emporté des écouteurs. Côté rythme je suis toujours un peu plus rapide que prévu mais ça va, j’ai peur de le payer un peu plus loin mais je n’arrive pas à ralentir le rythme, sûrement parce que je n’ai pas envie de me laisser distancer par les coureurs devant moi.

Km7 à 11 : Finalement, ça passe plutôt vite cette histoire! Je découpe la course en morceaux dans ma tête, une fois le pont passé on sera à la moitié du parcours, c’est bientôt! J’ai calmé un peu le rythme mais je reste sous les 4’30 » et je me dis qu’il faut tenir comme ça au moins jusqu’au km10, ca me laissera de la marge pour la seconde moitié de course (stratégie que je ne conseille à personne: en général ça termine en surrégime et on finit par exploser et faire moins bien qu’à vitesse constante!). Au km9 je mange une compote, au kilomètre 11 je bois un peau d’eau; c’est light comparé aux ravitos de trail mais l’allure et le temps écoulé ne sont pas les mêmes!

Km11 à 16: On a traversé le pont et on est maintenant en train de retourner vers le fameux tunnel de la Croix Rousse, j’attends de ressentir une faiblesse à tout moment… mais elle ne vient pas et j’en profite, toujours en me disant « tu gardes un peu de marge pour le tunnel et la fin » et je maintiens un rythme de 4’23 »/km ; c’est à dire un peu plus rapide qu’au début.

Km17 et 18: C’est l’heure de la séparation semi / marathon sous le tunnel de la Croix Rousse, et au moment de virer à gauche j’ai un peu l’impression d’être une impostrice car mes petits camarades vont se manger 22 bornes de plus que moi. Sous le tunnel surprise, pour la première fois ma montre continue de capter le GPS tout le long! Mais les repères sont quand même faussés et les sensations un peu étranges, alors je décide de suivre en mode cerveau OFF un type qui avance bien… qui avance d’ailleurs de plus en vite, et nous fait boucler les deux kilomètres de tunnel en 4’20 »/km . Ça va toujours mais j’étouffe un peu sous ce tunnel, j’ai du mal à respirer et je suis contente d’en ressortir, même si l’écart de température et la pluie qui tombe maintenant bien font un drôle d’effet à la sortie.

Km19 et 20: Après le tunnel je continue de suivre mon lièvre improvisé, qui est un peu perdu et me demande si on est bien du bon côté pour le parcours marathon, puis combien de kilomètres j’ai à ma montre. Soudain on entend des applaudissements, et deux coureurs poussant des fauteuils pour l’association Cap’Adapt nous doublent, ils sont à environ 4’/km, tranquilles … Je les encourage autant que je peux, et je suis à la fois impressionnée par leur performance et émue par leur geste. J’ai du mal à réaliser mais la fin de mon relais est très proche, même pas un kilomètre à parcourir, les sensations sont bonnes et je n’ai plus rien à perdre alors j’accélère et je laisse mon lièvre derrière pour un dernier kilomètre en 4’10 » !

Un dernier virage et j’aperçois la zone de relais et Sarah qui court se mettre au bon endroit. Je termine mes 20,6km en 1h30’40 » , pas très loin de mon RP sur semi en terme de rythme!

J’arrête ma montre, on échange quelques mots et la fameuse ceinture, et me laisse toutes ses affaires et s’élance sous la pluie qui tombe assez fort à ce moment là.


Debrief sportif: Je ne m’attendais vraiment pas à tenir ce rythme et à faire un negative split, avec d’aussi bonnes sensations! Je n’ai pas été en galère à un seul instant et à part les quelques premiers kilomètres qui m’ont semblé longs cette course a été 100% plaisir, le bilan est donc vraiment positif et si c’était à refaire je n’irais pas plus vite, j’étais pile dans le rythme qu’il fallait pour tenir tout le long en donnant ce que j’avais à donner mais sans souffrance.


Je prends quelques minutes pour souffler et écrire à Delphine, mais l’aventure est loin d’être finie: je vais maintenant rejoindre Delphine à Gerland pour assister à son passage de relais avec Sarah. Le métro est à 2,5km, je n’ai pas beaucoup de temps devant moi alors j’y vais en courant, parapluie en main et tote bag à l’épaule, ça fera office de récup’. Une fois dans le métro je réalise que j’avais peut-être une médaille à récupérer à l’arrivée de mon relais, dans le feu de l’action j’ai tracé directement en direction du métro mais il fallait sûrement faire marche arrière vers le ravito… OUPS. Je retrouve Delphine à Gerland et on debriefe sur mon relais, je récupère une médaille du second relais car j’ai effectivement raté la mienne (#boulet), et on guette Sarah qui ne devrait maintenant plus tarder. Ça ne loupe pas, quelques minutes plus tard elle déboule, même manège d’échange de dossard et c’est Delphine qui part vers notre ligne d’arrivée. On file au métro pour retourner à la case départ et la retrouver. De l’attente, un changement de ligne et beaucoup de monde sur la place, on ne la verra pas passer la ligne mais on la retrouve quelques minutes après en s’incrustant dans la zone coureur (quoi, on est coureuses aussi non?).

FINISHEUSES en 3h21’17 » , superbe chrono si on oublie de dire qu’on l’a fait en se répartissant la tâche à trois haha.

On se doute que l’on a fait un bon classement car sur leur passage les filles étaient très encouragées et annoncées dans le top 10 féminin, parcours full marathon inclus, mais rien n’a été dit de spécial à Delphine à son arrivée alors on rentre tranquillement se doucher avant d’aller savourer notre pinte de finisheuses. 30 minutes plus tard je reçois un message : on a été appelées sur le podium car on a terminé … Première équipe féminine en relais ! Ça reste anecdotique mais ça nous aura bien fait rire, et je me permet de le souligner juste histoire de faire rager les rageux qui diront que ce classement ne veut rien dire, en attendant il est là =) . On se classe également 22èmes sur 322 équipes au total.

Bref, même si ce marathon relais n’a pas réussi à me réconcilier avec la route, j’ai adoré le format vraiment convivial et partager ce moment entre copines … Alors qui sait, on recommencera peut-être en 2019 ? 😉 

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