Compte Rendu : l’Alpin Trail de Pichauris 2019

Il y a deux ans, je m’alignais au départ de l’Alpin Trail de Pichauris, l’un de mes tous premiers Trails, et je vous le racontais ici. J’y suis retournée cette année, et comme le parcours n’a pas changé d’un caillou, je pensais d’abord ne pas faire de compte rendu… Mais finalement, même parcours ou pas, chaque course est différente et celle-ci ne s’est pas tout à fait passée comme prévu, alors retour sur ce cru 2019 !

Le réveil qui sonne à 6h10 un lundi matin férié, alors que je me suis déjà levée à 8h et 7h les deux jours précédents me donne un peu envie de m’auto-insulter, mais bon, même si ça pique il faut sortir du lit pour la routine d’avant course : enfiler les affaires préparées à l’arrache la veille, s’interroger une dernière fois sur la tenue, petit déjeuner, lacer ses chaussures (c’est pas vrai, mes Fuji Trabucco Pro ne se lassent pas), et puis descendre attendre le binôme avec qui j’ai rendez-vous à 7h pétantes … Et qui n’arrive pas. Il doit être câblé sur un autre fuseau horaire (après tout il est probablement minuit quelque part dans le monde), mais après un petit rappel il finit par débarquer avec 25 minuscules minutes de retard.

Finalement c’est tant mieux, on a tout juste le temps d’arriver sur les lieux du crime, récupérer nos dossards, refaire un tour à la voiture pour s’équiper, et à 8h28 on s’aligne au départ avec les presque 400 concurrents du jour. Tous les copains sont sereins, que ce soit Xavier, Jeff, Ayoub ou moi, on est tous plus là en mode grosse sortie longue avant la Saintélyon qu’autre chose… enfin au détail près qu’Ayoub prépare la 180 et qu’il a déjà couru 35 kilomètres sur bitume la veille. 8h30 le coup d’envoi est lancé, c’est parti !

On attaque direct dans le vif du sujet avec une première côte d’environ 1km, sur un large sentier qui permet d’étirer le peloton. Rien ne sert de partir trop vite sur ce genre de format, au détail près que je sais qu’un single nous attend rapidement, alors il vaut mieux ne pas trop traîner pour éviter d’être rapidement coincée. Je vois deux filles devant moi, je les double quelques instants mais elles me repassent rapidement devant, et après 1,5km on attaque déjà la première descente, un beau single d’environ 2km sur lequel je n’ai pas de mal à suivre le coureur devant moi, pour l’instant je déroule sans trop réfléchir. En bas du chemin, on commence à croiser des coureurs qui trottinent un peu trop doucement pour un départ de course et utilisent des bâtons … Ce sont des coureurs du format 78km parti dans la nuit et du 108 kilomètres parti la veille, qui sont sur la fin de leur long parcours ! Je prends le temps d’encourager chacun d’eux avec quelques mots, et je ferai de même jusqu’à la fin de la course dès que je doublerai un coureur d’un de ces deux formats, car vu le terrain j’imagine le sacré chantier qu’ils ont dû affronter pendant la nuit.

Un peu plus loin on attaque la première des trois principales sections de montée de la course: 5km pour environ 430D+, d’abord sur un DFCI largement courable, avant d’attaquer des portions beaucoup plus pentues direction le Pic du Taoumé. Un bénévole m’annonce sur mon passage que je suis troisième féminine, OUPS je me suis peut-être un peu emballée au départ, mais je vois déjà les deux premières s’éloigner loin devant, je ne risque pas de les rattraper. Ayoub qui était parti tranquillement derrière me rattrape et me dépasse sur la fin de la montée, ainsi qu’une autre féminine.

On est déjà à 8,5 kilomètres et un premier ravito s’annonce, je vois Ayoub qui fait une petite pause pour recharger les batteries mais j’ai encore beaucoup d’eau et des barres Meltonic plein les poches alors je ne m’arrête pas et je me dis qu’il me rejoindra un peu plus loin, c’est parti pour une belle portion de D- un peu technique. Je me souviens que deux ans auparavant je m’étais trouvée vraiment nulle sur cette portion en descente, mais cette fois je me faufile entre les cailloux sans soucis, même si certains sont très glissants à cause de la pluie qui est tombée une bonne partie de la nuit. Je me régale vraiment mais 3 kilomètres plus loin la fête est déjà finie, cette fois ci c’est le fameux Garlaban qu’il va falloir grimper, et elle se mérite cette croix au sommet !

C’est parti pour 3,5km et 430D+ d’ascension, et j’alterne entre marche et course selon le degré de la pente. Ayoub me rattrape enfin, mais avec des nouvelles assez moyennes: il est tombé dans la descente et s’est bien fait mal à l’épaule, la douleur est là mais pour l’instant il gère. De mon côté je subis un peu la montée, mes jambes me font payer l’absence de travail de dénivelé en octobre, mais je me sens quand même en forme et à mon petit rythme, j’avance. Après plus de 10km de course je me dis qu’il serait peut-être temps de manger quelque chose, mauvais timing car soudain le sentier devient plat et peut se courir sans soucis, mais peu importe je suis capable de manger en courant. Sauf qu’au moment d’avaler la première bouchée de ma barre Meltonic à la figue, BOUM, je m’étale soudain de tout mon long en avant. Exactement sur la même portion du parcours qu’il y a deux ans, hyper roulante et théoriquement sans aucune difficulté.

Plus de peur que de mal on dirait, je me relève très rapidement, et malgré quelques égratignures je ne me suis fait mal nulle part … Mais je sens tout de suite que quelque chose cloche : j’ai soudainement envie de vomir, la violence du choc m’a donné la nausée. Ayoub me dit de prendre mon temps, je l’écoute et je marche alors que le sentier ne grimpe pas avant de me remettre à trottiner quelques instants plus tard, mais je me sens plutôt mal. Entre temps 5 filles m’ont doublé et je les regarde s’éloigner, mais là tout de suite je n’ai pas l’énergie pour reprendre un bon rythme, alors je décide d’y aller tranquillement jusqu’au sommet en espérant que ça passe. Je suis dans mes pensées et soudain je ne vois plus Ayoub, mais je ne m’inquiète pas : il a du faire une petite pause technique mais je sais qu’il est plus rapide que moi et me retrouvera probablement de nouveau un peu plus loin.

Au bout de 15km on atteint à la fois la Croix et la mi-course, ça me rebooste un peu mais la nausée est toujours plus ou moins présente au moment d’attaquer la descente vers le Grand Vallon de Lascours. Je reprends un bon rythme mais je ne suis pas là à 200%, j’aimerais donner plus mais je n’y arrive pas, et je sais qu’un gros morceau nous attend encore alors il vaut mieux que je gère mon effort pour ne pas subir toute la fin de course. Je guette Ayoub, mais toujours rien !

Après 4 kilomètres globalement descendants avec quelques passages de nouveau techniques et bien glissants, il est temps d’attaquer les Marmites du Vallon de Lascours, ce fameux passage qui m’avait énormément marqué 2 ans auparavant: une section très sauvage sur un petit sentier très peu entretenu, avec option escalade et jardinage entre les broussailles. La nausée n’est pas très forte mais elle est toujours là, et me coupe totalement l’envie de boire ou manger, alors que je sais que je devrais m’hydrater plus et certainement recharger un peu les batteries. Je prends mon mal en patience, de toute façon à mon niveau ce passage est incourable, alors j’essaie de garder un bon rythme de marche et je serre les dents. Ça bouchonne un peu au niveau du passage à cordes, mais pas de prises de risque de la part des bénévoles, le terrain est très glissant alors on y va un par un. A la fin de la montée je commence à me sentir mieux, et je m’aventure même à piocher une poignée de fruits secs à un ravito situé (je crois) vers le kilomètre 23.

On attaque la dernière partie du parcours,  avec deux jolies bosses bien cassantes à ce stade de la course, avant de rejoindre le tracé du 16 kilomètres pour terminer sur une longue descente commune de 3 bornes vers l’arrivée. Je réalise à ce moment là que je suis déjà à plus de 4 heures de course et que je vais faire un moins bon chrono qu’en 2017 mais tant pis on fera avec, j’essaie quand même de faire une bonne descente finale même si le chemin ne permet pas toujours de doubler facilement les participants de la seconde moitié de peloton du 16 kilomètres.

J’entends l’animation de l’arrivée au loin, il ne reste plus que 500 mètres, j’accélère comme si je ne venais pas de subir mon envie de vomir pendant plus de 2 heures, et je passe la ligne d’arrivée avec le sourire, accueillie par ma fusée de binôme qui a terminé depuis déjà 35 bonnes minutes. 4h17’48 : voilà le chrono final pour une 101eme place au scratch (sur environ 400), une 7ème place féminine et, ironiquement, une première place dans ma catégorie Senior, malgré le résultat plus que mitigé.

Mais même si j’ai en parti subi ma course, le sourire de l’arrivée n’est pas forcé ! J’ai malgré tout une fois de plus adoré ce parcours aussi beau qu’exigeant, et je ne suis qu’à moitié déçue par le chrono : j’essaie de tirer le positif en me disant que ça m’aura permis de m’entraîner à gérer un nouvel aléa de course, le genre de petit soucis auquel il vaut mieux être bien préparée quand on s’aligne sur plus long…

Bref, encore un jour férié comme on les aime ! Prochain dossard dès dimanche sur le 8km des Bacchantes, pour la bonne cause et sans aucune pression; et on enchaîne le weekend suivant sur le 20km du Trail Nocturne Meltonic en guise de dernière sortie longue, une semaine avant la SAINTELYON !

Une réflexion sur “Compte Rendu : l’Alpin Trail de Pichauris 2019

  1. Fanny dit :

    Et oui, les rééditions nous réservent des surprises. J’en ai fait l’expérience ce weekend avec des crampes qui se sont invitées même pas à mi parcours. D’un côté, c’est rageant de se voir incapable de refaire le même chrono que l’an dernier. De l’autre, comme tu l’as dit, on apprend à gérer l’imprévu, à serrer les dents, on forge son mental.
    Félicitations pour ta course.

    Aimé par 1 personne

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