Compte rendu: l’UTPMA (108km-5000D+)

Ça fait un moment que je n’étais pas revenue par ici. Mais les gars, il fallait que je vous le dise: j’ai couru mon premier 100 kilomètres Trail ! Enfin courir … tout est relatif. Mais bon passons, en réalité c’était même plus que 100 bornes, on était sur un bon 108km / 5000D+ selon la police, 113km selon les syndicats.

Bref, samedi dernier j’ai inscrit un premier « Ultra » à mon CV de coureuse / masochiste / imbécile heureuse: l’UTPMA.

Mais pourquoi ? Pourquoi s’infliger ça quand de si belles courses à la saucisse me tendaient les bras le même weekend à quelques kilomètres de chez moi ? Pourquoi courir quand j’aurais pu faire comme tout le monde et profiter du soleil marseillais pour filer à la plage ?

Parce que j’ai déjà du le dire ici et ailleurs (je radote déjà), mais plus ça va plus je me rends compte que ce que j’aime ce sont les distances « moyennes à longues », comprendre les Trails de 40 à 60km. Et après quelques uns au compteur, j’ai eu envie et je me suis sentie prête à passer à la catégorie au dessus: un cent bornes, fameuse distance qui fait mettre un premier (petit) pied dans la famille des « Ultra trailers ».

J’ai choisi l’UTPMA un peu par hasard, en regardant les photos du parcours qui semblait magnifique, et en me disant que pour un premier il semblait « raisonnablement pas trop difficile ». Et puis aussi, avouons-le, en me faisant largement influencer par ma copine Laura (Foutrak pour le reste du monde) qui me vendait un super weekend entre copines (on a une drôle de conception du weekend copines, je vous l’accorde).

Bref, pendant une dizaine de semaines j’ai borné, bouffé du D+, j’ai été courir dans les cailloux plus que jamais, et pas fait beaucoup de vitesse, avouons le (malgré le petit RP sur 5km sorti d’on ne sait pas où en pleine semaine de bloc). Tout n’a pas été parfait, j’ai manqué de sommeil, essuyé plusieurs grosses difficultés personnelles (et quand ça s’enchaîne, ça s’enchaîne), mais le jeudi 13 Juin, c’est avec des étoiles dans les yeux et l’envie de tout donner pour cet objectif que j’ai quitté Marseille, en laissant tout le négatif derrière moi.

J’arrive donc à Aurillac avec mon covoit’ et surtout copain de cailloux Jérôme le jeudi soir pour pouvoir se reposer un maximum avant la course et son départ à minuit. La journée de vendredi passe à toute vitesse même si on ne fait pas grand chose: retrait des dossards (et premiers frissons en voyant l’arche), un premier plat de pâtes à midi, préparatifs, sieste, une seconde plâtrée de pâtes à 20h, et il est déjà bientôt l’heure de se rendre au départ …

Je suis étrangement sereine, beaucoup plus que mes deux compères Jérôme et son ami Vincent. La différence entre eux et moi ? Ils ont déjà conscience de ce qui les attend! Vincent a déjà du abandonner deux fois sur ce même parcours que tout le monde décrit comme plus traître qu’il ne paraît, tandis que Jérôme a déjà une TDS et un Endurance Trail des Templiers dans les jambes, et il sait d’avance qu’on va en ch*er.

Un bisou aux copines qui sont en train d’enfiler leurs pyjamas à la veille de leur premier Marathon-Trail, et c’est frontale déjà sur la tête que je grimpe dans la voiture de Clément, propriétaire du gîte Le Bufadou pour filer à Aurillac.

On arrive tardivement dans le sas de départ après un contrôle du matériel obligatoire, mais les dames sont à l’honneur ce soir: on a droit à un départ en première ligne ! Je me faufile donc gentiment dans le sas suivie de près par Jérôme, car même si aux dernières nouvelles c’est un bonhomme, on a décidé de démarrer la course et d’aller le plus loin possible ensemble.

Minuit moins cinq, l’émotion commence à monter sur la ligne de départ, un feu d’artifice est tiré, le volume de la musique augmente … Ça y’est, je vais m’élancer sur mon premier Ultra Trail.

Km1 à 16 00h01, le départ est donné, et les 69 filles s’élancent en tête de course, tout du moins pour 500 mètres. C’est plutôt sympa et agréable de ne pas devoir batailler, et on ne part pas très vite … mais sûrement trop vite quand même pour ce type de distance, tout du moins à mon niveau. Au bout de 500 mètres ces messieurs ont le droit de passer, et je jette des coups d’œil pour retrouver Jérôme qui me récupère rapidement. Le rythme est soutenu, et je lui dis qu’il faut qu’on ralentisse pour ne pas se faire emporter par les premiers qui sont clairement bien trop rapides pour nous : on peut tenir comme ça sur 30 bornes, eux sur 100. On attaque une première côte de bitume, et on essaie de réguler notre rythme en se laissant dépasser par un certain nombre de coureurs. Au bout de 2km, ça y’est, on atteint enfin le premier petit chemin et le ton est donné: ça va être  boueux et gras, mais les chaussures accrochent bien et pour l’instant ça ne pose pas vraiment de problème. Cette première portion de course est très roulante, presque trop roulante, et Jérôme n’arrête pas de me dire qu’on doit ralentir un peu, il a raison. On repasse parfois brièvement sur la route, et à chaque fois des dizaines de personnes sont là pour encourager les coureurs, alors qu’il est déjà plus d’1h du matin. On finit par déjà atteindre le premier ravito après 16km et 1h53 de course, jusqu’ici tout va bien. Pour une fois j’ai déjà assez bien bu depuis le départ, je recharge donc mes flasques d’eau, je grignote quelques tucs et du fromage, et on ressort assez rapidement  pour s’élancer de nouveau dans la nuit.

Km16 à 32 : A la sortie du ravito Clément est là, il nous encourage nous demande si tout va bien, et même si à ce stade là de la course tout est encore OK, voir un visage familier fait forcément plaisir. Cette deuxième portion de course est déjà moins roulante que la précédente, et rapidement on attaque plusieurs belles montées, mais la plupart restent « courables », c’est compliqué de placer le curseur entre l’envie d’avancer vite, et la gestion d’un effort qui s’annonce très long. On alterne donc entre trot et marche rapide, et les bâtons sont de sorties, ils resteront d’ailleurs dans mes mains jusqu’à la fin de la course. Les sensations sont à peu près bonnes de mon côté, mais j’ai du mal avec la vision de nuit, je ne sais pas si c’est ma frontale qui est mal réglée ou la brume, mais je vois vraiment très mal et c’est assez désagréable d’avancer sans être très sûre de moi. On croise à plusieurs reprises des troupeaux de vaches, et même un gros bœuf à cornes qui nous regarde d’un air pas hyper rassurant, bref pas le moment de faire une pause pique-nique. Dans une longue montée qu’on ne peut cette fois plus courir je perds un peu Jérôme, je ralentis donc le rythme mais rapidement sur la redescente il me retrouve. Il me dit que les sensations ne sont pas hyper bonnes pour lui, il traîne une pubalgie depuis un moment et il sent une gêne, mais on continue tous les deux d’avancer. Après une dernière petite remontée, on attaque la descente vers le second ravito, et soudain j’entend un cri sourd juste derrière moi: Jerôme vient de se tordre la cheville, et il n’a pas fait semblant. On s’arrête un instant, je lui demande si ça va, il me dit que non mais on continue quand même d’avancer doucement. Il me répète à plusieurs reprises de partir devant, mais je ne veux pas le laisser là, au beau milieu de la nuit et à quelques bornes du ravito. On continue de descendre tranquillement et il insiste de nouveau à plusieurs reprises, en me disant qu’il me rattrapera un peu plus loin. Je finis par accepter et avancer, en imaginant gérer ça un peu plus loin avec l’aide de Clément. Arrivée au ravito un peu avant 5h je prends mon temps, cette fois-ci c’est soupe, sandwich, chocolat et eau gazeuse + recharge des flasques. Je ressors du ravito à 05h04 en espérant apercevoir Clément, mais personne à l’horizon (enfin si, mais pas lui).

Km33 à 50: Je suis un peu perdue, je m’attendais à voir Clément ou à ce que Jerôme me ratrappe, mais ni l’un ni l’autre. Je continue ma route et on attaque une petite montée en sous-bois. A 5h48 je reçois un texto de Jérôme qui m’annonce qu’il a été obligé d’abandonner au ravitaillement car le médecin n’a pas voulu le laisser reprendre la course en voyant l’état de sa cheville. Gros coup dur niveau moral: je savais qu’on ne ferait probablement pas toute la course ensemble, mais je ne pensais pas que nos chemins seraient séparés si tôt, et encore moins qu’il devrait abandonner! J’essaie de me rebooster, pas évident mais le jour qui se lève et me permet d’éteindre ma frontale me redonne un peu de motivation. Il est maintenant temps d’attaquer la longue ascension de 1000mD+ vers le plomb du Cantal, d’abord en sous-bois, avant de se retrouver au pied du mur… et quel mur ! Le brouillard s’est miraculeusement dissipé pour laisser place à un ciel dégagé avec vue sur toute la vallée, et à ce moment je me sens heureuse et chanceuse d’être là, même si la montée n’est pas de tout repos. On atteint la portion la plus pentue de l’ascension, où des petits panneaux et des bénévoles nous indiquent qu’il est temps de ranger les bâtons pour traverser cette zone protégée. La montée est dure, et peu à peu on se retrouve de nouveau au milieu des nuages, avant de passer de nouveau au dessus pour un magnifique spectacle: le soleil qui se lève tranquillement derrière le plomb du Cantal. Je profite de cet instant, certainement le plus beau de la course, et je prends le temps d’immortaliser ça avec quelques photos avant d’attaquer la grande redescente vers le ravito du Lioran. Tantôt roulante tantôt boueuse, cette nouvelle portion passe sans encombres même si j’ai maintenant hâte d’arriver au ravitaillement pour retrouver des visages connus et surtout m’offrir un gros repas et me mettre au sec, car même sans pluie la nuit a été très humide.

Ravito du Lioran : Quelques centaines de mètres avant le ravitaillement, je passe devant Le Bufadou, notre gîte, et les quelques copines qui s’alignent sur le 23km qui ne part qu’à 11h sont là, à la fenêtre, en train de crier mon nom et des tonnes d’encouragement qui me reboostent à fond. La soupe, le sandwich et le gateau de semoule engloutis sur le ravito finissent de me requinquer, tandis que Clément récupère mon sac de confort, plein de vêtements secs. Je décide de changer entièrement le haut, et pour l’instant il faut doux et beau alors je reste en débardeur, même si on m’annonce que la pluie arrive bientôt. Je change également mes chaussettes, mais au moment d’enlever la chaussure gauche je me rends compte que mon doigt de pied est en sang. Je n’ai pas envie de le faire soigner mais les garçons insistent, et me disent que je fais mieux de perdre 5 minutes maintenant que d’en perdre beaucoup plus par la suite si je ne me soigne pas, et je les écoute. On nous explique également que les conditions météo sont mauvaises sur la suite du parcours, et que par mesure de sécurité nous allons éviter le Puy Mary : 300m de D+ en moins au programme … mais aussi 3km de plus ! Je suis un peu décue de rater l’un des spots emblématiques de la course, mais on fera avec.

Je suis arrivée au ravito à 8h28, largement en avance sur ce que j’imaginais, mais on a beau presque être à mi parcours, rien n’est fait, vraiment rien.

Km52 à 73: Je repars du ravito en assez bonne forme, mais assez vite, les choses se gâchent. Je commence à sentir une douleur à l’avant de ma cheville droite, assez légère pour l’instant, mais je sens déjà qu’elle va poser problème. Pour ne pas arranger les choses, il se met à pleuvoir, et pas qu’un peu. Je prends le temps d’enfiler ma veste avant de repartir sous des trombes d’eau, et plus les kilomètres passent plus la douleur s’intensifie, accompagnée d’une autre douleur à l’arrière de la cuisse gauche. Je suis trempée et le moral n’est pas au plus haut, je sens clairement que ma cheville va m’empêcher de terminer la course dans de bonnes conditions, mais malgré tout je m’accroche, pour l’instant je ne pense qu’à rallier le ravito suivant. J’atteins le ravito de Benech à 11h42, mais l’arrêt est bref, une soupe et deux tucs avant de m’élancer vers le vrai grand ravitaillement de Mandailles où je sais que Jerôme attend avec des affaires sèches. Dans la montée j’ai la bonne surprise de croiser Mylène & Guillaume, un couple de copains rencontrés il y a trois mois sur la One&1 et qui ont fait le déplacement pour venir voir la course et m’encourager. Ils font quelques centaines de mètres avec moi et ça me rebooste temporairement, mais rapidement je me retrouve seule et pleine de questions. J’ai mal. Ca ne va pas en s’arrangeant. Je commence à me faire doubler par un certain nombre de coureurs tandis que je n’en ratrappe aucun. Est-ce que je me vois tenir 35 kilomètres de plus dans cet état ? Clairement … Non. Mais un pied devant l’autre, on verra bien au ravito.

Ravito de Mandailles: J’arrive à Mandailles à 12h51. Jerôme est là, il sent bien que ça ne va plus du tout. Il a laissé une Lisa en forme et souriante, il me retrouve au bord des larmes à me pleurnicher comme une gamine et à lui expliquer mes douleurs. Plutôt que de me plaindre ou de me donner raison, il me secoue: à quoi je m’attendais ? Une partie de rigolade ? Une promenade sans encombre ? J’ai mal, c’est normal, mais j’arrive à mettre un pied devant l’autre, j’arrive à m’alimenter, j’arrive à m’hydrater, je suis loin d’être épuisée, alors je n’ai pas de raison de m’arrêter là. Il n’est pas tendre mais c’est sûrement ce dont j’ai besoin à ce moment là. Je mange de nouveau du pain/jambon/fromage, une soupe, une part de gâteau et du chocolat, et je change de tshirt, de veste et de chaussettes. Une dernière fois avant de repartir je lui dis que ce n’est pas une bonne idée et que je ne suis pas sûre de vouloir continuer, mais il me dit de filer et je quitte le ravito en me promettant de ne pas regarder en arrière.

Km73 à 89 : Rapidement, on attaque une montée, et la pluie se remet à tomber très fort, je ne serais pas restée sèche très longtemps. J’ai mal mais je préfère presque quand ça grimpe, car mon rythme de marche reste à peu près correct, ce sont les portions roulantes où je n’arrive pas à courir correctement qui me frustrent en réalité le plus. Rapidement une fille me ratrappe et me salue, elle m’explique qu’elle me suit sur Instagram, et on avance ensemble un petit moment en discutant. Elle finit par me laisser partir devant, mais quelques kilomètres plus loin elle me ratrappera, et on partage toute l’interminable ascension vers Cabrespine ensemble, en parlant de tout et de rien, mais surtout de Trail, évidemment. Arrivée au sommet il ne pleut plus mais je suis trempée et j’ai froid, et la douleur à ma cheville s’est encore intensifiée d’un niveau. Au début Marie ne veut pas me laisser, mais je l’encourage à partir devant car je vois bien qu’en descente elle a encore largement les jambes pour avancer, hors de question d’être un boulet pour elle. Les derniers kilomètres avant le ravitaillement sont très durs, j’envoie des messages vocaux à un groupe de copains marseillais, je leur dit que je vais abandonner au ravitaillement car la douleur est trop forte. Je ne prends plus aucun plaisir depuis des heures déjà, à quoi bon ? J’écoute leurs réponses, sans appel : je dois continuer, si j’arrête je vais forcément le regretter. Je dois oublier le chrono qui défile, oublier les gens qui me doublent, peu importe si je termine tout en marchant, l’essentiel est d’arriver au bout. Ce que j’ai oublié de leur dire et que je ne réaliserai que bien plus tard en ré-écoutant nos échanges, c’est à quel point ma cheville est douloureuse.

Ravito de Lascelles: Je finis par rejoindre le ravitaillement de Lascelles, il est déjà 17h. « Seulement » ou « encore » 19 kilomètres et 600D+ me séparent de l’arrivée. C’est de nouveau le même manège, et de nouveau Jérôme me rebooste. A ce moment là je ne sais plus quoi faire, mais je réalise que si je repars, si je me remets en route vers le ravitaillement suivant, alors je serais finisher. Je réalise aussi que si je prends cette décision, ce sont des heures de difficultés qui m’attendent. Mais je ne veux pas avoir de regrets, alors après avoir mangé, bu, et m’être ENCORE changée je reprends de nouveau la route.

Km90 à 108 : Les souvenirs de ces derniers kilomètres sont difficiles et vagues. Le parcours ne présente plus trop d’intérêt, j’ai mal, je me déteste, mais un pied devant l’autre, j’avance. Au dernier ravitaillement Laura est là, ma jolie Laura qui arbore sa médaille de finisheuse de son premier Marathon Trail. Je suis heureuse pour elle, et je me laisse divertir quelques instants par sa bonne humeur, mais j’ai mal. Clément s’est équipé pour faire les derniers kilomètres avec moi, pas forcément nécessaire car vu mon allure même un papy en déambulateur pourrait me suivre. On repart donc ensemble, et pendant ces 6 interminables kilomètres il fera tout pour m’aider à continuer de mettre un pied devant l’autre, et à garder la détermination de passer cette ligne d’arrivée. On termine par arriver dans Aurillac. Ça sent la fin et les émotions commencent à me submerger. Je suis perdue, je ne sais plus quoi ressentir, entre douleur, honte de m’être faite doubler plus d’une centaine de fois, colère d’arriver facilement 2 heures plus tard que ce que j’aurais pu sans cette fichue douleur à la cheville, bonheur d’être en train d’aller au bout malgré tout, fierté de pouvoir me dire que je n’ai rien lâché, joie de savoir que dans quelques minutes j’apercevrais la ligne d’arrivée.

Et enfin, elle est là, cette dernière rue. Ces passants qui applaudissent. J’essaie de courir mais je n’y arrive pas. On approche encore. J’aperçois Laura, Jerôme, et cette arche de plus en plus proche. A 200 mètres de l’arrivée, je me remets à courir sans trop savoir comment, j’oublie tout et je profite de cet instant unique : je suis finisher de mon premier « Ultra trail ».

108km – 5000 D+ – 21h28

17ème féminine / 69 partantes et 48 finisheuses

293e scratch / 784 partants et 544 finishers (31% d’abandons)

Les heures qui suivent seront étranges: je suis fière d’avoir terminé, mais je suis passée par des phases tellement compliquées au niveau moral, et j’ai tellement souffert que je ne sais pas quoi penser: est-ce que ça en valait la peine ? Est-ce que j’ai bien fait d’aller au bout au risque d’être blessée ? Est-ce que cette distance est faite pour moi ? Ma cheville continue de me faire mal et enfle à vue d’œil, mais après une bonne douche, une bonne bière et une part de truffade que j’engloutis sans avoir faim, c’est plus sereine que je m’endors. Le lendemain matin ma cheville a enflé et je peine à marcher, mais j’ai mes réponses : malgré toutes les difficultés, je suis heureuse d’avoir été au bout, et je peux être fière de m’être accrochée là ou d’autres auraient rendu leur dossard. Le chrono ? Il n’est pas si mauvais à mon petit niveau, et surtout, il est anecdotique.

Ce que je retiendrais quelques jours plus tard, à l’heure d’écrire ces lignes, c’est que chaque expérience est bénéfique et me permet de ressortir grandie. J’ai souffert, mais j’ai aussi beaucoup appris… et je rêve déjà à la prochaine fois que mes baskets fouleront les cailloux pendant plus de 100 kilomètres.

 

6 réflexions sur “Compte rendu: l’UTPMA (108km-5000D+)

    • lilyrunning dit :

      On ne peut pas savoir tant qu’on est pas dans cette situation ! Un autre jour, dans un autre contexte, j’aurais peut-être lâché pour moins que ça. Mais pas cette fois.
      Et j’ai du mal à me considérer comme “ultra traileuse” après seulement un 100km … mais j’espère être en bonne voie 🤗

      J'aime

  1. Nath.running dit :

    Mon Dieu, tu m’as fait pleurer ma belle, quelle émotion et quelle force. Tu as un mental de guerrière, oui tu es compétitrice et déçue de ton chrono au passage de l’arche, mais moi ce que je vois c’est mon Mentor qui avance coûte que coûte, c’est la capacité à se remettre en question et prendre des coups. Alors moi, ta petite élève que tu as fait progresser d’un 10K à un semi marathon je peux te dire que je suis ULTRA fière de toi.

    Aimé par 1 personne

  2. Manon B dit :

    Quel compte-rendu ! J’ai vécu avec émotion tous les instants de cette course. Ce que j’en retiens surtout c’est une femme avec un mental d’acier. Et félicitations pour cet ultra-trail et ce résultat qui même « anecdotique » est si impressionnant pour quelqu’un blessé sur la moitié du parcours.

    Aimé par 1 personne

  3. Fanny dit :

    C’est malin. A cause de toi, l’UPTMA (enfin le format marathon) me fait de l’oeil maintenant. ;-). Je ne sais pas si j’aurai ton cran, ta technique, ni si je saurai me servir de bâtons d’ici là mais l’idée s’installe insidieusement…
    En attendant, bonne récup, bons soins à la cheville (tendinite?), bonne reprise avec prudence.

    Fanny
    PS : Quand je vois ce que tu es capable d’accomplir, mon résultat sur le coup un peu décevant au Trail des Eaux Vives prend une toute autre saveur. 🙂

    Aimé par 1 personne

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