Compte rendu : Le Half Marathon des Sables Pérou

À quel moment à commencé l’aventure ? Sûrement bien avant mon départ de France, avec les préparatifs du sac et autres grands questionnements. Mais la vérité c’est que je n’ai vraiment réalisé ce qui se passait que très tard, au moment où on arrivait sur le bivouac de la course, au beau milieu du désert …

Après une nuit passée dans le car, au petit matin on passe près d’Ica et le cortège bifurque pour s’engager sur une petite route de terre pendant plus d’une vingtaine de kilomètres, avant de finir par s’arrêter. On nous explique qu’à cet endroit on va vraiment entrer dans le désert et que ce sont des véhicules de l’armée péruvienne qui vont devoir nous emmener jusqu’au lieu du bivouac. On grimpe et à partir de là le dépaysement devient total, on est secoués dans tous les sens au fil des dunes et des vallées mais on en prend plein les yeux. Côté ambiance ça rigole et tout le monde parle avec tout le monde, on rencontre quelques français, un espagnol et des chinois qui sont venus ici à 12 pour l’aventure.

Le trajet devait durer 40 minutes, finalement c’est 1h30 plus tard qu’on finit par apercevoir le bivouac, installé au bord d’une superbe plage. Terminus tout le monde descend, on nous donne nos affaires et on nous annonce qu’on a quelques heures pour finaliser notre sac si besoin, laisser nos valises définitivement et passer les contrôles techniques et médicaux.

Avec Sarah et Emma on hésite une dernière fois sur quelques éléments du sac et on finit par rapidement se dire “tant pis on verra bien” et se rendre aux contrôles. Quelques minutes plus tard on a toutes nos deux dossards, notre puce électronique, notre balise et notre roadbook, c’est officiellement parti ! On récupère ensuite notre emplacement de tente (elles sont groupées par 6 en cercle), tout à l’autre bout du camp bien évidemment, sinon c’est pas drôle.

Le reste de la journée sera passé à manger (un repas chaud servi par l’orga, l’autosuffisance commence le lendemain matin seulement), se reposer, et surtout discuter avec plein de monde : le sable, ça crée des liens.

A 20h on est déjà tous au lit, il fait nuit et un peu frais et le réveil est prévu pour 5 h30, demain la grande aventure commence vraiment.

bivouac half MDS pérou

Le bivouac vu depuis … les toilettes

Etape 1 : 26,7km – 850D+ – 3h45

5h, j’ouvre les yeux et j’entends que ça s’agite déjà dans les tentes autour. Le départ est prévu pour 7h30 mais j’ai déjà dormi 8h alors je sors ma tête de la tente pour découvrir les magnifiques lumières du matin sur la plage.

Je commence à me préparer tranquillement et finalement le temps passe très vite jusqu’à 7h15, il est déjà temps d’aller s’aligner sur le départ. Après un dernier encouragement je laisse Sarah pour m’avancer un peu mais je suis dans le deuxième tiers du sas, pas grave ça m’évitera de partir beaucoup trop vite. Briefing de course rapide, et à 7h30 le départ est lancé.

Km1 à 10 : Le ton est tout de suite donné, avec du sable assez mou dans lequel on s’enfonce bien, mais comme tout le monde court je m’efforce de suivre le mouvement. Le terrain est en dévers et j’en bave, le début de course n’est vraiment pas simple pour moi moralement, je me dis que si les 120km sont comme ça l’aventure va être très longue. Côté sac par contre ça va plutôt bien, c’est lourd et ça ralentit, certes, mais il ne me gêne pas tant que ça. Au bout de 9km j’aperçois le premier poste de contrôle au loin… et surtout la file de petite fourmis qui se hissent en haut de l’immense dune juste à côté.

Km10 à 18 : Arrivée au poste de contrôle on scanne mon dossard, je m’arrose la tête avec de l’eau et un bénévole remplit mes bidons. Je décide de sortir mes bâtons pour l’ascension et après une belle galère pour les monter car j’ai l’habitude de mes bâtons Leki et cette fois j’ai des trois brins Scott dont je me suis servie une fois seulement, j’attaque enfin la grande dune. Emma qui était arrivée juste un peu après moi au CP prend de l’avance, de mon côté j’en ch*e passablement mais je commence bizarrement à prendre du plaisir à partir de ce moment là, peut-être parce que je sais qu’après cette montée le plus dur sera fait … pour aujourd’hui .

La fin de la montée est terrible, on recule presque et ceux qui n’ont pas de bâtons sont parfois à quatre pattes pour ne pas reculer plus qu’ils n’avancent. Une fois en haut j’ai énormément de mal à reprendre mon souffle et je mets un bon kilomètre à me sentir mieux mais bonne nouvelle, le sable est maintenant plus compact et on peut courir sans soucis, même si le parcours continue de monter.

J’alterne marche et course en fonction du terrain et du dénivelé mais globalement je me sens bien, et j’atteins vite la moitié du parcours. Avec Emma on joue au chat et à la souris, chacune est plus ou moins à l’aise selon les moments mais l’avoir devant me motive à la suivre et ne pas perdre le rythme . Arrivée au second CP je fais scanner ma puce, je reçois une nouvelle bouteille de 2,5L et je m’arrose une fois de plus, ça n’a pas le charme des tables de ravito sur les Trails habituels mais les bénévoles sont adorables et déchaînés pour encourager chaque coureur.

Km18 à 22: Je repars du CP un peu avant Emma en sachant qu’elle va rapidement me rattraper. On enchaîne une série de toboggans, des petites montées et descentes sur un terrain dur, on peut enfin courir et plutôt “vite” (tout est relatif avec 7kg sur le dos), ça fait plaisir ! On a beau être au milieu de dunes à perte de vue, les paysages ont varié plusieurs fois depuis le début de la course et c’est vraiment incroyablement beau, d’une manière différente de tout ce que j’ai pu connaître jusque ici.

On continue en descente et le terrain est toujours très roulant, je double quelques personnes et je suis surprise de ne pas encore avoir revu Emma mais ça y’est, vers le km 22 (je crois) elle me passe devant comme une fusée (enfin une fusée avec 8kg sur le dos et un genou qui fait la gueule) et je ne la verrais qu’au loin jusqu’à la ligne d’arrivée.

Km22 à 26: fini la fête, on descend toujours (après toute ces montées il fallait bien!) mais le sable redevient mou et on s’enfonce, pas facile. Deux coureurs que j’avais doublés me rattrapent (Mathieu et Guillaume, mais j’apprendrais leur prénom plus tard) et me proposent de m’accrocher à eux. J’essaie mais ils me devancent un peu, et les deux derniers kilomètres avec la ligne d’arrivée en ligne de mire semblent un peu longs mais ça y’est, je finis par terminer cette première étape en 3h45.

Je rejoins Emma, on récupère notre eau et on va s’installer sous la grande ombrelle commune avec d’autres coureurs, le meilleur endroit pour faire des rencontres et discuter avec plein de monde ! Je guette Sarah, qui arrivera un peu plus tard avec le sourire aux lèvres et accompagnée de Naomi: elles se sont régalées. Je découvre une belle ampoule à mon pouce de pied droit en enlevant ma chaussure, ça se terminera a l’infirmerie mais je vous épargne les détails du reste de la journée, on passe à la suivante !

WAA-E.Montgobert@HMDSPERU2018-EM1_5071

Crédit photo : WAA-E.Montgobert@HMDSPERU2018

Etape 2 : 56km – 1400D+ – 8h05

3h45 j’ouvre les yeux et je suis en pleine forme, pas trop surprenant en m’étant couchée à 19h30 la veille. C’est le même rituel que tous les matins, et on pourrait croire qu’avec sa vie dans un petit sac à dos on est vite prêt, mais on arrive quand même dans les derniers sur la ligne de départ. Un coup d’œil au classement de la veille, je me suis classée 8eme féminine derrière des filles avec un très bon niveau, ça fait plaisir mais je ne veux pas me baser sur ce classement pour gérer ma course du jour car l’étape est longue et ça va être une autre affaire.

Briefing de course, la mauvaise nouvelle tombe : notre étape est réduite de 66km à seulement 56km, à cause des conditions météo apparemment trop brumeuses sur un passage de la course. Je suis déçue sur le principe, mais je sais que pendant la course je serais sûrement bien contente d’avoir dix bornes de moins à parcourir. Pas trop le temps de réfléchir, hop le départ est donné.

Km1 à 8: après un très court passage sur la plage où c’est un peu la cohue pour remonter car je suis partie dans les derniers on attaque tout de suite par l’un des plats de résistance du jour, une belle et longue dune à grimper, pas aussi violente que celle de la veille mais qui demande un effort en continu avec 500D+ sur 5km. J’ai pas mal de filles autour et ça me booste à bien avancer, alors que j’avais dit qu’il fallait y aller tranquille aujourd’hui … Arrivée en haut de la côte ça redescend vers le premier CP 3km plus loin, c’est hyper roulant et j’avance vite, je me sens bien mais j’ai tendance à oublier qu’on est sur une épreuve longue et pas un 20 bornes.

Km8 à 20: j’arrive au CP juste après Emma et Diotime, et très vite je les rattrape pour continuer un bout de chemin avec elles. On continue d’alterner montées et plat mais c’est assez roulant et on court pas mal, la zone est superbe mais j’ai vraiment du mal à la décrire : je crois que je pourrais parler de sable et de dunes pour décrire chaque passage de la course et pourtant on a eu droit à une bonne dizaines de paysages très différents les uns des autres au long de ces 105km !

Du km13 au km17 on repart en descente et les filles me devancent, je commence à me demander si je n’ai pas fait une erreur en voulant les suivre, je me sentais bien mais je me suis peut-être grillée sans m’en rendre compte … on est partis pour 56 bornes aujourd’hui, pas les 26 de la veille. Un peu avant le second poste de contrôle il faut de nouveau grimper une bonne grosse dune et je me traîne, je prends un gel Meltonic et du bœuf séché pour essayer de me rebooster mais je sens que mon rythme de départ à baissé.

Km20 à 28 : Même s’il n’y a que de l’eau aux ravitos les sourires des bénévoles et le fait de s’arrêter quelques instants reboostent, enfin pas pour longtemps. Juste après le poste de contrôle on dévale une grande dune avant d’entamer une portion très roulante mais il commence soudain à faire très chaud et je n’ai pas ma casquette sur la tête. On doit passer deux longues lignes droites de plat avant le prochain CP et j’alterne marche et course, je ne sais pas si je paie un départ trop rapide ou un petit déjeuner trop léger, mais c’est dur. Soudain devant moi j’aperçois un coureur pieds nus, et je reconnais Edwin, un équatorien rencontré sur le bivouac et qui avait fini 30 minutes devant moi la veille. Je lui demande ce qui lui arrive, il m’explique qu’il a un petit coup de chaud donc je lui propose de rester un petit moment avec lui, il acquiesce mais ne dit pas grand chose alors qu’en général on ne l’arrête pas. Je reste quelques minutes à ses côtés avant de repartir en voyant qu’il y a un camion d’infirmerie à quelques centaines de mètres et qu’il pourra se faire aider si besoin. En passant à leur hauteur j’en profite pour leur demander d’attraper la casquette dans mon sac à dos. Un peu plus loin j’atteins le CP3 et 3 filles y arrivent au moment où je repars.

Km28 à 45: Après la chaleur on a droit à un bon gros vent de face, et comme le tracé part maintenant toujours tout droit jusqu’à la mer 17 kilomètres plus loin, on y aura droit tout le long. Heureusement le relief varie et permet de relancer un peu, mais je n’avance pas aussi bien que je voudrais. Les trois filles qui m’avaient rejoint au ravito me doublent une à une, puis deux autres un peu plus loin, mais j’en accroche une et on se motive mutuellement a ne pas lâcher dans cette portion qui commence à devenir longue. Je ne bois sûrement pas assez car aux CP je n’ai besoin de remplir qu’une gourde sur deux. Ca devient long, heureusement les paysages sont incroyables et font oublier la monotonie d’avancer en ligne droite.

Km45 à 56 : Après un passage sur une superbe “crête” de sable (j’explique ça comme je peux) on voit enfin la mer en contrebas, mais pour l’atteindre il va falloir dévaler exactement la même grande dune que celle grimpée la veille. J’appréhendais ce passage mais finalement c’est un pur régal, il suffit de faire des pas rapides pour ne pas trop s’enfoncer dans le sable et les guêtres font très bien leur job, je regrette presque que ce soit aussi vite terminé. Je passe le dernier CP pour attaquer les 10 derniers kilomètres, et si je n’avais pas trop apprécié cette portion dans l’autre sens la veille, je sais que ça va être pire aujourd’hui. Le sable est mou et on s’enfonce, et une grosse partie est en dévers, mais je m’efforce de courir quand je peux. Ces 10 kilomètres sont tout simplement interminables, et après une dernière ascension (on avait vraiment descendu tout ça hier ?) je vois enfin la ligne d’arrivée au loin, et je finis par la franchir en 8h05.

L’un des meilleurs moments de cette journée restera l’accueil de folie réservé aux derniers arrivants dans la nuit par la moitié du bivouac, après plus de 15 heures de course.

half mds pérou

Crédit photo : @HMDSPERU2018

Etape 3 : 22km – 500D+ – 2h21

Après une journée de repos total passée à discuter et se promener sur la plage, et une nuit un peu agitée par un mini tremblement de terre, c’est plutôt bien reposés que l’on arrive sur le départ de l’étape 3. Je passerai les détails mais j’ai mal au ventre, et je ne sais pas trop comment ça va se passer pour moi sur cette dernière étape.

Cette ultime ligne de départ a un petit goût amer, on est à la fois tous contents de s’apprêter à terminer la course, et un peu tristes de déjà quitter le bivouac et son ambiance si particulière, hors du temps et loin de tout. Mais pas de temps pour les sentiments, le speaker nous dit que l’étape du jour est une grosse blague comparé au reste et rapidement le départ est donné.

Km1 à 8: On sent que c’est la fin, tout le monde part à fond et se dirige vers la première et seule vraie difficulté de la course, une montée de 4 kilomètres, pas hyper raide mais régulière avec certains passages de sable mou. Mon ventre me fait un peu mal mais bien moins que ce que je craignais, pour l’instant il ne m’empêche pas d’avancer à un rythme correct. Arrivés en haut de la dune forcément on redescend et c’est un régal, on reperd tout le D+ pris sur 2 kilomètres en alternant entre sable mou et cailloux, alors j’en profite pour prendre de la vitesse tout en faisant paradoxalement baisser le cardio. En bas de la dune je vois déjà le premier poste de contrôle au loin, cette étape risque de passer vraiment vite.

Km9 à 16: Au poste de contrôle mes gourdes sont encore quasi pleines alors je demande seulement à me faire arroser la tête, heureusement qu’on est partis très tôt car aujourd’hui le soleil cogne fort. On suit un sentier agréable et relativement plat sur le littoral, j’avance sur un petit rythme régulier et je remonte quelques coureurs, dont Rémy que je laisse derrière en pensant qu’il va me rattraper dans la prochaine montée. Vers le km14 on attaque une série de petites ascensions qui vont nous mener au second point de contrôle, et en me (re)passant devant la quatrième féminine me propose de m’accrocher à elle pour terminer ensemble. On discute un peu et je l’encourage à partir devant car elle avance mieux en montée, mais je la suivrais de près jusqu’au bout.

Km16 à 22: Au dernier point de contrôle les bénévoles nous acclament, il ne reste plus que 6km à parcourir et malgré les petites remontées surprise globalement on descend, ça sent la fin de la course et je suis à la fois euphorique de terminer et triste que ce soit si vite passé. Après 2h21 je franchis la ligne d’arrivée, ca y’est je suis FINISHER du premier Half MDS Pérou.

Pour les chiffres, je termine ces 105km en 14h13’29 », 11ème féminine et 76e au scratch sur 347 coureurs.

Comment conclure ? Ce CR est déjà bien trop long, et pourtant bien trop court pour pouvoir vous transmettre toutes les émotions ressenties durant ces quelques jours dans le désert. Plus qu’un défi sportif, ce Half MDS aura été une très belle aventure humaine, et m’aura fait découvrir un type de course totalement à part. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en partant, et je suis passée par plein de ressentis différents durant ces 4 jours d’aventures, mais je repars du Pérou avec une certitude : quand je serais grande, j’irais courir le Marathon des Sables au Maroc. En attendant, on se donne peut-être rendez-vous à Fuerteventura en 2019 ? 😉 

HMDS PEROU 2018

Crédit photo : WAA-E.Montgobert@HMDSPERU2018

half mds peru

Crédit photo : @HMDSPERU2018

 

5 réflexions sur “Compte rendu : Le Half Marathon des Sables Pérou

  1. Elodie dit :

    Bravo !!! Le CR n’est pas si long que ça pour décrire 3 jours de course 😉 Tu as eu l’air de prendre beaucoup de plaisir et le classement est vraiment top ! J’ai été surprise par la photo des tentes sur la plage (je ne m’imaginais quelque chose de plus traditionnel…pas les tentes 2 secondes de décath !! Ce que je retiens quand même de ton CR c’est une certaine aisance dans ta course malgré le terrain inhabituel. Est-ce que tu considères que ces courses dans le sable doivent être appréhendées de façon différente par rapport à un trail plus classique ? Côté matos, sac à dos et nourriture : est-ce que tes choix ses sont avérés judicieux et adaptés ?

    Aimé par 1 personne

    • lilyrunning dit :

      Aisance c’est vite dit, j’ai quand même bien galéré dans le sable meuble 😅. C’est très différent d’un trail classique, moins de dénivelé mais d’autres difficultés, et le poids du sac joue aussi beaucoup mais finalement ça se fait bien! Côté matériel je suis assez contente, et j’ai eu pile la quantité de nourriture qu’il me fallait mais si je recommence j’adapterais un peu, en ne prenant notamment que des taboulé pour le midi, et plus de snacks salés de réconfort pour l’étape longue (j’avais oublié les tucs et 56km avec seulement quelques barres et du bœuf séché c’est dur moralement !)

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  2. Constance dit :

    Bonjour Lisa,
    je fais le HMDS cette année en septembre à Fuerteventura. Je te suis depuis quelques temps maintenant et sais que tu ais de bon conseil avec des comptes rendus neutres ou peu positionés. J’aurai donc voulu savoir en toute franchise ce qu’il faut savoir avant de se lancer, si tu as des conseils … et si tu avais pris un matelas ^^ (ma grande question)
    Je te remercie et excellente continuation
    Constance

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