Randonnée en Norvège: Bergen 7 Mountains Challenge

Avant mon départ pour une semaine en Norvège, j’ai eu très peu de temps pour planifier mon programme, mais je savais qu’il y avait plein de randonnées à faire autour de Bergen. Du coup j’avais imaginé un planning du type: trouver un parcours rando ou trail pour le matin, travailler l’aprem, visiter un peu la ville le soir avec mon copain et son collègue de boulot (oui, y en a qui étaient venus là pour bosser!), et me faire une journée dans un endroit vraiment cool comme la mythique falaise de Trolltunga. Finalement, une fois arrivée sur place et en me renseignant un peu, j’ai vite compris que j’allais laaargement avoir de quoi faire à Bergen même!

Cette ville est terriblement jolie, avec son port et ses maisons typiques, mais surtout, elle est entourée de pas moins de 9 collines, d’où son nom Bergen (Berg = petite montagne en Norvégien, je t’en bouche un coin avec ma culturation hein??).
Plutôt que de faire un article sur « quoi faire à Bergen » et vous énumérer la liste de forts jolis monuments, spots où manger des roulés à la cannelle (j’ai une obsession pour ces trucs), et pièges à touriste du genre marché aux poissons, j’ai décidé de vous raconter ma plus grosse aventure de la semaine: LE BERGEN 7 MOUNTAINS CHALLENGE.

BERGEN 7 MOUNTAINS CHALLENGE
Quand j’ai entendu parler de ce truc, je ne pouvais qu’être séduite, que dis-je, tentée, bref, dès que j’ai appris son existence j’ai su que j’allais le faire.
Le « 7 Fjell Sturren » ou « 7 mountains challenge » que je traduirais par « Challenge des 7 Collines » (la plus haute culmine à 643 mètres, faut pas déconner non plus quoi!) est une randonnée qui consiste à enchaîner l’ascension de 7 des collines qui entourent Bergen en une journée.

Chaque année depuis 1948, le Club de randonnée de Bergen organise ce challenge et des centaines de Norvégiens et de randonneurs venus de plus loin s’élancent à l’assaut de ce joli défi, qui représente pas moins de 30 kilomètres, pour 2300 mètres de dénivelé positif. Coïncidence incroyable, l’événement a lieu un samedi fin mai, et tombait pile la semaine de mon voyage! Sauf que si j’avais annoncé à mon amoureux que je l’abandonnais pour son seul vrai jour de tourisme je pense qu’il aurait balancé ma paire de Kinabalu par la fenêtre et on se serait fait remarquer par nos gentils voisins Norvégiens, du coup j’ai décidé de faire ça en pleine semaine, le mercredi, toute seule dans mon coin.

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Après m’être faite racketter de 6€ pour 21 minutes de bus (coucou la Norvège), armée de mon téléphone qui tient très mal la batterie avec un tracé GPX du parcours trouvé sur internet, de la jolie carte ci-dessus pour avoir une vague idée de ce que je fais, de mes bâtons Lekki que j’ai enfin décidé d’apprendre à utiliser pour préparer la 6000D, montre au poignet et ravitos sur le dos, c’est donc vers 8h du matin que je m’élance du bas de Lyderhorn, la première colline.

Lyderhorn (396m)

Ça commence bien: contrairement à Fløyen, la colline principale (et la plus « touristique ») de la ville, ici il n’y a pas le moindre panneau, pas le moindre balisage. Ah si, pardon, après un ou deux kilomètres je finis par apercevoir des petits points blancs qui pourraient parfois être confondus avec des fientes de pigeon, ok, ça doit être le tracé, on fera avec hein! Et puis de toute façon j’ai le tracé GPX… enfin il est 8h30 et je suis déjà tombée à 80% de batterie, il va falloir être économe! Bon, de toute façon, il n’y a pas 36 chemins, et après un détour par un mini sommet qui n’était pas du tout le bon, je finis par trouver le point culminant de Lyderhorn.

Côté parcours, c’est très joli, et à cette heure ci je suis même au dessus de quelques petits nuages qui ne resteront pas longtemps, mais c’est aussi compliqué: on est sur un parcours de rando, pas un parcours de trail, et à moins d’être vraiment bon, c’est difficile de courir dans 90% des cas, que ce soit en montée ou en descente.

J’ai mis près d’une heure à atteindre le premier sommet, oups, ça promet. Quand je vois au loin, de l’autre côté de la ville, le sommet numéro 4 (Ulriken), je me dis que la journée risque d’être plus longue que prévu! Je redescend par un chemin différent mais tout aussi compliqué que l’autre, mais j’aime beaucoup le fait de pouvoir toujours emprunter un chemin différent en montée et descente, de tout mon petit périple je ne passerai pas deux fois par la même route!

Arrivée en bas, je suis presque contente de trouver un peu de bitume, et de pouvoir courir un peu. Car oui, si un jour la balade vous tente, pour les 4 premiers sommets, vous allez devoir passer par des petites portions de bitume dans la ville pour aller du bas d’une colline a une autre.

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Damsgardsfjellet (344m)

J’enchaîne donc avec la deuxième ascension vers Damsgardsfjellet, le nom le plus facile à prononcer sur terre, j’envisage d’ailleurs d’appeler mon premier enfant comme ça (ou mon premier chien. C’est bien aussi, les chiens). Ca grimpe tout autant et c’est tout aussi escarpé, OK, j’ai compris, c’est pas aujourd’hui que je vais taper du 14km/h. Après la première montée, je trouve des petites planches de bois qui forment un chemin, c’est mignon mais je me demande à quoi ça sert. Au moment ou mon pied s’enfonce dans ce qui ressemble à un sol recouvert de mousse mais qui est en fait super humide et boueux, je comprends l’utilité du truc.

Ca grimpe encore, et de loin je crains déjà de comprendre ce que j’entends: un groupe scolaire est là, au sommet, une horde d’une trentaine de gamins qui courrent dans tous les sens. Et je ne parle pas de collégiens mais bien d’enfants de 8 ans… oui, en Norvège, la sortie scolaire classique du mercredi c’est de se faire une petite rando avec 350m de D+, normal quoi. Je ne traîne pas au sommet, j’avale une barre aux fruits Meltonic en escaladant entre deux sacs Barbie et j’attaque la redescente, sur laquelle je peux miraculeusement courir.

 Lovstakken (474m)

Le départ de la troisième ascension est très étrange, un petit chemin perdu entre deux maisons, et je commence a avoir des doutes sur le tracé GPS que j’ai téléchargé, mais peu importe si ce n’est pas exactement le parcours officiel, j’ai juste envie de grimper mes 7 collines alors on verra bien! Après une exploration façon Jumanji, je retrouve un chemin un peu plus conventionnel et je finis par trouver d’autres randonneurs, dont un monsieur de facile 60 ans qui lui aussi court par endroits, et grimpe plus vite que moi en marchant, c’est à peine humiliant (mais tout s’apprend, et clairement question vitesse de marche j’ai encore du boulot! Et puis si j’ai appris un truc cette semaine, c’est qu’il vaut mieux ne pas se comparer aux Norvégiens). Petite pause photo en haut du troisième sommet, ça fait déjà 3 heures que j’ai commencé, et même si la batterie de mon téléphone baisse dangereusement, je sais que la suite sera mieux balisée pour avoir déjà été de ce côté là les jours précédents, alors ça va bien se passer.

Une assez longue portion de bitume m’attend pour rejoindre Ulriken, et je profite de repasser par la ville pour m’arrêter dans un Kiwi (l’enseigne de supermarché, pas le fruit) et acheter à boire car j’ai largement terminé le litre que j’avais emporté dans mes flasques. J’ai envie d’eau gazeuse, alors j’achète ce que je pense être 60cl d’eau gazeuse et 60cl d’eau plate. Le caissier est ravi d’encaisser mon billet plein de transpiration, encore un instant glamour dans ma vie de blogueuse. J’aurais du me méfier de la bouteille rose et prendre 20 secondes de plus dans le rayon, l’eau « plate » est en fait une eau aromatisée, et en plus niveau valeurs nutritionnelles y a que dalle, bref ça fait juste une boisson au goût sucré alors que je sature vite en sucre sur les ravitos, mais tant pis. Zéro pointé pour moi, pas grave, après m’être arrêtée 5 minutes sur les marches devant la supérette pour remplir mes flasques et me poser un peu, c’est reparti.

Ulriken

C’est parti pour l’ascension d’Ulriken, je connaîs déjà ce coin là, je suis venue le premier jour et je sais que ça pique: 450D+ sur 2 kilomètres, en empruntant de grands escaliers construits par de vrais Sherpas (oui oui!) sur une première partie, et des « escaliers naturels » sur la fin de la montée. Je ne m’attarde pas en haut, je connais déjà et je dois revenir samedi avec les garçons, j’ai pas l’temps, il paraît que j’ai encore bien 10 bornes à faire. Je redescends par une petite crête bien plus sympa que les escaliers, je note ce chemin pour la prochaine fois!

Mais plutôt que de redescendre tout en bas, une fois de plus mon tracé GPS m’envoie sur un chemin improbable à travers bois, qui va me coûter ma première (mais seule!) chute de la journée, gros bobo au bras en bonus.

De retour sur la route, j’attaque la montée vers Floyen.

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Floyen

Floyen, c’est la colline la plus proche du centre ville, accessible en funiculaire depuis Bryggen, bref, c’est aussi la colline la plus touristique et la moins cool selon moi, et la plupart des chemins qui y montent sont de larges pistes qui permettent de faire l’ascension avec une poussette, voir même de faire monter son gosse de 2 ans et 3 mois en marchant, si on est Norvégien. Pas le plus agréable en théorie, mais malgré la montée un peu costaud je peux courir, et ça fait plaisir de voir qu’après 20 bornes et pas mal d’heures j’ai encore suffisamment d’énergie pour ça.

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Rundemanen et Sandviksfjellet

Depuis Floyen je connais un chemin rapide pour accéder à Rundemanen, encore une large piste de terre. Mais en route, je vois un autre panneau, et forcément je suis tentée de passer par un tracé encore inconnu! Je le prends, et moi qui était repassée en mode course, je suis vite calmée par le petit chemin à travers bois. Je commence par regretter un peu de ne pas avoir emprunté l’itinéraire de la veille, qui aurait rallongé d’1km mais m’aurait fait gagner beaucoup de temps… mais bon, après tout je ne suis pas là pour aller vite mais découvrir ! Entre le bonheur d’explorer et la journée qui commence à se faire longue, mes pensées sont un peu contradictoires.

Arrivée à Rundemanen je m’élance enfin vers le dernier sommet, qui est en fait en contrebas, il ne reste donc en fait plus qu’à redescendre… mais quelle descente! Le chemin est très joli et s’il me restait plus de 4% de batterie je prendrais certainement plein de photos. Au bout d’un moment, alors que j’ai l’impression d’avoir bien suivi le sentier, je me retrouve dans les broussailles, et le chemin est vraiment minuscule avec des branches d’arbres et autres obstacles verts, sans parler de la boue. J’ai l’impression d’être perdue, mais le tracé GPS  m’indique que je suis bel et bien sûr l’itinéraire. J’ai du mal à imaginer que plusieurs centaines de personnes vont passer là dans quelques jours, et je commence à douter de ce tracé GPX, mais bon il m’aura emmené au bout du parcours et sans lui, je serais peut-être encore perdue dans la deuxième ascension, alors on ne va pas trop se plaindre!

Bref, après 32km parcourus et 2 546D+ grimpés je termine enfin le Challenge des 7 Collines. Cette randonnée / Rando-course / je ne sais pas trop quoi m’aura pris 6h54, et en réalité presque une heure de plus avec les pauses photo / ravito / orientation douteuse.

Même si sur la fin j’étais un peu pressée de terminer (je crois que ça se sent dans mon récit!), j’ai adoré cette journée, qui m’aura fait un bel entraînement d’endurance pour mes objectifs de cet été et permis d’apprendre à maîtriser mes bâtons au fil de la journée, confirmé que je suis nulle en orientation mais que je peux quand même me débrouiller comme une grande pour suivre un itinéraire, et surtout qui m’aura fait découvrir les fabuleuses collines autour de Bergen, avec des instants que je ne suis pas prête d’oublier!

Et si un jour vous passez par Bergen et que mon récit vous a tenté, la fameuse trace GPX du parcours que j’ai utilisé est disponible par ici  .

 

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