COMPTE RENDU: LE MARATHON DE PARIS

Le Marathon de Paris, c’est un peu LA référence du marathon en France, celui qu’il faut avoir fait une fois au moins. Tout du moins, c’est ce que j’ai toujours entendu partout, mais jusqu’ici, pour être honnête, il ne me vendait pas particulièrement de rêve.

Paris est une belle ville oui, mais pourquoi ce Marathon plutôt qu’un autre? Pourquoi tant d’engouement?

Sans conviction, fin 2017 je me suis finalement quand même laissée tenter et j’ai décidé que mon Marathon de 2018 se ferait dans la capitale: bon timing, et puis il fallait bien que je vérifie par moi même pourquoi on en parlait tant!

Bref, place au compte-rendu 🙂

Préparation

Niveau  volume d’entraînement on ne peut pas dire que je n’ai pas suffisamment couru pour préparer ce marathon, le nombre de kilomètres était largement suffisant.

En revanche niveau travail d’allure, beaucoup de séances ont sauté, ou se sont transformées en sorties dénivelé, et j’en passe. Bref, je n’ai pas correctement suivi mon plan de préparation, que j’avais débuté avec un objectif de 3h20, en réalisant très vite que si je faisais 3h25 ce serait finalement déjà très beau.

Au milieu de ça, une certaine lassitude s’est instaurée: depuis la fin d’année dernière j’ai envie d’autres choses, et je me suis rendue compte un peu tard que préparer de nouveau un Marathon n’était pas forcément ce à quoi j’aspirais. J’ai pris plaisir à courir pendant ma préparation, mais je me suis mis une pression inutile face à un objectif qui ne me convenait plus vraiment. On ne va pas épiloguer sur le sujet, j’explique le pourquoi du comment dans mon article précédent.

L’avant course

Malgré une préparation pas vraiment idéale, c’est avec le sourire et heureuse à l’idée de courir mon 4ème Marathon que je suis arrivée sur l’avenue Foch dimanche matin. Super organisation niveau consignes, mais mauvais calculs de ma part niveau timing, j’arrive dans mon SAS seulement quelques minutes avant qu’il ne ferme.

Ce n’est pas un problème, j’ai de toute façon prévu de partir en fin de SAS vu que je vais aller bien plus doucement que les premiers. Le problème, par contre, c’est que j’ai envie de faire pipi, qu’il reste 15 minutes avant le départ, et environ 30 personnes qui font la queue devant l’UNIQUE cabine de toilettes du SAS. Je vous laisse faire le calcul, à moins de tenir un ratio de 30 secondes / pipi, ça ne va pas le faire. J’attends quand même, et puis à 5 minutes du départ avec encore au moins 15 personnes devant, je finis par faire comme plusieurs demoiselles en détresse que j’ai vu faire: j’emprunte un sac poubelle noir à un monsieur qui vient de retirer le sien pour le départ (oui, la méthode du sac poubelle pour ne pas avoir froid ça marche bien!), je l’enfile, et puis hop, discrètement (ou pas) je fais ce que j’ai à faire juste à côté de la cabine de toilettes, accompagnée d’une inconnue parce qu’ « à deux c’est plus simple à assumer ».

Pourquoi je vous raconte ça? Parce que c’est aussi ça, la course à pied. Non non, on aura beau essayer de vous faire croire, la course ce n’est pas que les photos de fake running sur Instagram et les jolis brunchs d’après course, c’est aussi les pipis sauvages d’avant course pour les dames, les problèmes de frottements aux tétons pour les messieurs, et autres joyeusetés tellement glamour!

42,195km (ou 43km?) dans Paris

A peine le temps de lancer ma playlist et de déclencher ma montre que ca y’est, le départ est donné!

Km1 à 6: il y a du monde, beaucoup de monde, mais le départ est fluide. J’ai l’impression qu’on ne part pas très vite, pourtant si, et j’ai beau essayer de me freiner je vais 5 à 10 secondes trop vite sur chaque kilomètre. Le parcours est agréable, je n’ai jamais vu autant de supporters sur une course, l’ambiance est assez incroyable. Au premier ravitaillement je prends une bouteille d’eau mais je la jette après seulement une ou deux gorgées.

Km7 à 10: Je me cale enfin à la bonne allure. Pour l’instant tout va bien, le parcours n’est pas si plat que ça, mais ça me plait, je maintiens l’allure quand ça « monte » (tout est relatif, on parle de faux plat), et je relance quand ça descend. Je passe le km10 en 46’54 » , c’est 26 secondes trop rapide pour un chrono de 3h20. Je suis encore très bien mais je sais que c’est une bêtise: on est sur un marathon, et il faut encore courir 3 fois la distance parcourue. Je sais que je ne vais pas tenir l’allure, alors je décide de me mettre sur le rythme pour 3h25.

Km11 à 15: Un peu avant le second ravito je mange une compote pomme/banane, puis au ravito je prends bien soin de garder ma bouteille pour en boire un maximum, et je suivrai ce schéma jusqu’au bout: une compote et une bouteille d’eau tous les 5 kilomètres. Niveau allure je suis encore sur le rythme pour un chrono de 3h20, alors que les sensations ne sont pas super bonnes. C’est le moment  de la course que j’apprécie le moins, avec un aller-retour un peu monotone dans le bois de Vincennes.

Km16 à 21: Après le bois de Vincennes, à l’approche du passage du semi l’ambiance est plus que présente, j’entends plusieurs fois mon nom de personnes qui me connaissent ou d’autres qui lisent simplement le nom sur mon dossard, et ça booste. Je passe le semi en 01h40’59 » .

Km22 à 30: Après l’avenue Daumesnil arrive le fameux passage par les quais que tout le monde semblait redouter, à cause des tunnels et montées/descentes. Ça ne me gêne pas spécialement, mais je commence un peu à avoir chaud, et à partir du 25eme kilomètre BIM: ma hanche droite se met à être douloureuse. La même douleur que celle que j’avais ressenti sur la Saintélyon, en bien moins forte heureusement. Je continue d’avancer, mais je perds une 20aine de secondes par kilomètres au niveau du rythme. Je passe le trentième kilomètre en 02h27.

Km30 à 40: Le voilà, le fameux « mur » du trentième qui se dresse devant les coureurs, matérialisé par deux petits murs de fausses briques,  mais comme malgré la douleur à la hanche je ne vois pas encore la « panne seiche » arriver, il me fait sourire. Je suis consciente qu’avec ma jambe je ne vais pas pouvoir faire les 3h25 espérées, alors tant pis, quitte à être venue jusqu’ici je vais essayer de gérer au mieux pour ne pas trop perdre de temps, mais quand même profiter jusqu’au bout de ce marathon. A partir du 35eme au delà de la jambe c’est le « moteur » qui fatigue un peu aussi, mon mini mur à moi est là aussi et je dois m’accrocher, pas facile quand beaucoup de coureurs autour sont en train de marcher, victimes du fameux mur ou de blessures.

Km40 à 42,195: J’avoue, j’ai du mal et la fin et compliquée, pourtant j’essaie quand même de profiter de chaque instant, car on arrive au bout, et la fin d’un marathon est finalement le moment le plus magique! Les spectateurs sont plus nombreux que jamais, l’ambiance à son comble, alors je souris et je me laisse aller. La ligne d’arrivée est là, j’accélère sur la fin, je la passe, ca y’est je suis Marathonienne pour la 4ème fois!

A ma montre j’ai couru plus de 43km et tenu une allure de 5’00″/km: erreur de GPS ou trop de zig zags de ma part, sûrement un mélange des deux!

Eleanor qui travaille chez ASO vient me féliciter, on sent l’émotion dans ses yeux après avoir vu tant de personnes passer la ligne d’arrivée. Je reçois ma médaille, mon tshirt, une dame me félicite et je la remercie en retour: les bénévoles ont largement autant de mérite que les coureurs, ils se lèvent parfois aussi tôt et passent parfois plus de 6h à soutenir les participants, on a tendance à l’oublier!

Je récupère ma consigne, je retrouve ma Solène qui a fait le même chrono que moi en partant dans un SAS différent, et puis les copains arrivent uns à uns: Xavier et son superbe chrono de 3h47 sur son premier marathon malgré un gros mur au 30eme, Jeff et sa balade dans Paris avant le vrai objectif à Genève, etc. . Un seul regret: avoir du repartir prendre mon bus pour Orly sans pouvoir voir Delphine et Sarah, mes deux belles marathoniennes!

Plusieures heures et une escale improbable par Bastia plus tard, je rentre à la maison, je me douche enfin, mon amoureux me prend dans ses bras et on rit parce qu’on trouve tous les deux la médaille très moche.

« Bon… alors ca y’est, la route c’est fini? Les cailloux maintenant? » « … Oui, les cailloux maintenant ».

Bref, j’ai couru le Marathon de Paris, j’ai compris pourquoi tout le monde en parlait autant, et  je n’ai pas battu mon RP vieux d’un an et demi, mais peu importe, tout ce qu’il me reste ce sont de bons souvenirs, et l’envie de partir vers de nouvelles aventures!

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