Marathon Blues, encore une légende?

Le Marathon Blues c’est un peu comme le mur du marathon, on en parle avant, on l’appréhende ou alors on s’imagine que ça n’arrive qu’aux autres, mais au final, avant de l’avoir vécu, on ne sait pas ce que c’est.

Et tout comme le mur, certains l’ont, d’autres pas, et on ne le vit pas tous pareil.

Mais pourquoi t’es triste? C’était pas génial?

Ben si, justement, c’était parfait. Peut-être un peu trop parfait même!

Dans la majorité des cas, quand on court un marathon on l’a préparé, ou au moins on l’a planifié dans son agenda depuis un moment. Pour beaucoup, pendant des semaines on vit marathon, on court marathon, on mange marathon, bref on fait-chier-son-entourage marathon.

Une fois venu le weekend tant attendu, tout passe à mille à l’heure: le petit rituel de retrait des dossards, parfois la découverte d’une ville inconnue, les préparatifs de la veille, la pasta party, cette fameuse nuit où on se couche tôt pour au final ne dormir que 3 heures, ce petit déjeuner du condamné … et puis la course: qu’on le termine en 2h30 ou en 6h; c’est comme une fraction de seconde. Un moment magique et éphémère. Les souvenirs resteront, oui, mais c’est quand même déjà fini. On a peut-être souffert, oui, mais s’il le fallait c’est sur on recommencerait.

Les premiers jours on reste sur son nuage, on en parle, si on est déçu de son temps on ressasse un peu, mais on est encore dedans.

et puis BIM, on se croyait à l’abri mais il frappe: le blues du marathonien.

Tout simplement le retour à la réalité, d’un coup plus de sport pour au moins quelques jours, et puis plus de plan d’entraînement qui nous attend, mais qu’est-ce qu’on va devenir ? Et puis t’es bien gentille avec tes compte rendus et tes photos mais  t’as du repassage qui t’attends meuf (bon ok je ne repasse rien mais vous avez compris).

Il faut le vivre pour le comprendre mais vraiment, on peut se prendre un petit coup de déprime. Ca n’arrive pas à tout le monde, c’est comme le mur.

Mon marathon blues

Je pensais y échapper cette fois ci. Pauvre innocente!

Avec toutes ces émotions, tout ce bonheur en barre pendant 3 jours, je ne pouvais que me le manger dans la figure.

Pourquoi?

  • C’était trop parfait. Je veux recommencer. Même la course. Même le km40 qui a piqué sévère.
  • Je sais que je ne vais pas refaire de marathon avant un an. Ok, j’avais dit ça après le premier et quelques temps après j’annonçais un marathon pour l’automne. Mais là, c’est pour de vrai. J’ai d’autres objectifs, je veux m’améliorer sur des distances plus courtes, et je vais y travailler.
  • Je me sens punie: je n’ai pas mal, je n’ai pas de courbatures, et pourtant je suis censée me reposer une semaine. Mais moi j’ai envie d’y retourner tout de suite! Bref, reprise vendredi, à J+5.
  • Contradictoire avec le point précédent: j’ai un peu peur de la reprise, même si j’ai hâte. Peur que mon cardio ait prit un coup, peur de mettre trop de temps à revenir au top. On verra bien.

 

 

Eviter cette étape, ou s’en débarrasser vite

Deux petits conseils pour ne pas se prendre ce coup de cafard dans la face, ou essayer de s’en défaire au plus vite:

  • Savourer sa victoire jusqu’au bout

Osez en parler. Osez raconter votre course, et même écrire un compte rendu si ça vous fait plaisir. Oui, vous pouvez être fièr(e) ! Vous avez mis 6h ? et alors ? Si vous êtes heureux de ce que vous avez accompli, assumez le et partagez le, vous avez soûlé votre entourage pendant deux mois, ils ne sont franchement plus à ça près.

Bon, après quelques jours il faudra quand même arrêter d’aller acheter le pain avec votre médaille. Et ce tshirt de Finisher, il faudrait peut-être quand même songer à le laver.

  • Se remettre en selle rapidement:

Certaines personnes perdent l’envie de courir après un marathon. Personnellement ce n’est pas le cas, j’aime bien trop ça, mais ça peut arriver et ce n’est pas grave.  Après avoir respecté une petite phase de récupération sans sport, le mieux c’est quand même d’y retourner, tranquillement. Pas de pression sur le chrono ou le temps passé à courir, on va gambader un peu, juste pour le plaisir.

Et si vraiment vous êtes lassé(e) de la course, faites autre chose pendant un moment, ou même rien, ça reviendra. Mais attention, plus on reste longtemps sans rien faire plus dure est la reprise…

  • Se fixer de nouveaux objectifs:

Prévoyez déjà votre prochaine course! Ça peut être un semi marathon où on essaie d’améliorer son chrono, un premier trail, un 10km ou on veut faire mieux que l’année précédente, ou même un truc tout nouveau comme un triathlon ou une Spartan Race.

De mon côté c’est déjà fait, ça l’était même avant le marathon, mais là ça se concrétise, mon chrono sur le marathon me permet d’imaginer des records perso foufous, mais j’en reparlerai en temps voulu.

Attention par contre à ne pas prévoir ces objectifs à trop court terme, car on met parfois un peu de temps à récupérer. Et comme dit un peu plus haut, on a parfois besoin d’une période où on court aux sensations, juste pour le plaisir, sans histoires de fractionnés ou sorties longues.

Bref, le Marathon blues ça existe,même  quand on en a déjà couru 30 paraît-il, et ça peut frapper les plus enthousiastes des coureurs.

A l’heure où j’écris cette conclusion je crois que le mien est déjà passé, je retourne courir demain matin et je suis toute excitée, Oui je suis comme un petit chien qui oublie qu’il a passé la journée à pleurnicher devant la porte au moment même où son maître rentre à la maison, et j’assume (c’est quoi cette image bizarre que je viens d’inventer ???).

Demain matin, avec mon joli t-shirt de finisher, j’irais fouler le bitume sur le vieux port. C’est reparti :).

6 réflexions sur “Marathon Blues, encore une légende?

    • lilyrunning dit :

      Haha, je ne l’ai pas fait mais je peux te dire que dimanche je l’ai gardée toute la journée, un peu ridicule mais je m’en fiche c’était mon jour de gloire :D. Pour le tatouage il n’a pas de lien direct avec la Course à pied non :), mais ce bouquin à l’air intéressant !!

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  1. Thierry dit :

    Coucou,
    De retour de l’incroyable marathon de Londres dimanche dernier, Google m’a amené sur ton récit au combien pertinent en tapant « marathon+ blues. ».Je me retrouve totalement dans tes propos. Seuls ceux qui préparent un tel défi pendant des semaines pour le voir défiler à vitesse grand v le jour j peuvent comprendre. Merci pour tes conseils, moi qui me torturait l’esprit quant à savoir qui quoi comment jusqu’aux prochains 42 km en septembre me voilà rassuré! Salutations sportives
    ps: la remarque sur le tshirt finisher et la médaille, c’est excellent!

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